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La loi sur la transition énergétique : quelle direction ?

La loi sur la transition énergétique : quelle direction ?

Une loi est une loi, on le sait et tant qu’elle reste théorique. Tout dépendra de la volonté de chacun et on s’est bien rendu compte que c’était plutôt les initiatives individuelles qui devaient être encouragées. Pour autant, cette loi a le mérité de fixer un cadre et, si elle est trop ambitieuse pour certains et pas assez pour d’autres, la direction de la transition énergétique est posée clairement. A partir de ce texte pourront se baser d’autres textes dont notamment celui de la prochaine RT 2020 et, on l’espère, bien d’autres allant dans le sens d’une réelle prise de conscience du devoir de respect de l’environnement qui nous entoure…

L’objectif principal, conformément à la COP21 d’ailleurs, est la limitation des émissions de GES (Gaz à Effet de Serre). Cette loi s’inscrit dans le cadre du développement mondial actuel et des contributions nationales à la COP21 ainsi que dans les objectifs-cadre de l’union européenne. Sous-jacent à cela, la performance énergétique et donc la diminution des consommations énergétiques est l’axe exploré. Pour cela, un certain nombre de mesures plus ou moins liées directement à la diminution des émissions de CO² sont mises en place. Cette loi va de pair avec la RT 2012, dernière réglementation thermique à l’œuvre pour les constructions nouvelles. Pour l’ancien, on attend d’ailleurs les mises à jour de la RT 2007 sur l’existant…

Rénovation thermique des bâtiments

Le parc immobilier français est très peu enclin à répondre à l’urgence climatique actuelle. Le secteur de l’habitation individuelle ou collective, des bureaux et des locaux industriels est l’un des plus générateurs et consommateurs d’énergie (énergies fossiles…). La plupart des habitations ou bureaux sont largement déperditifs et le lieu d’un gaspillage énergétique monstre. C’est pourquoi, avec l’aide de l’ADEME et des aides la rénovation en 2015, l’état cherche à rénover le parc assez rapidement et de construire en parallèle quasiment uniquement des bâtiments « basse énergie » et « très basse énergie ». Pour l’existant, l’objectif est d’atteindre un train de 500 000 rénovations lourdes par an à partir de 2017. Les maisons, immeubles, bureaux, locaux industriels et commerciaux sont concernés. Des modifications de fonctionnement des règles applicables aux copropriétés ont vu le jour.

thermographie

Une thermographie de votre maison est un bon moyen de savoir où se situent les ponts themiques

L’état compte améliorer les locaux d’habitation et de travail pour user de moins d’énergie pour les chauffer et les entretenir. Moins de production et rejet de CO² donc. Parallèlement, un comportement responsable des personnes individuelles, logique et cohérent est demandé !

Promotion des véhicules électriques

Le transport est un des autres secteurs particulièrement polluants et générateurs de GES. C’est pourquoi l’état cherche à rénover le parc automobile français. La voiture électrique est mise à l’honneur ainsi que tout moyen de transport peu énergivore et moderne. Par exemple, pour la mise à la casse d’une voiture ancienne roulant au diesel et pour l’achat d’un véhicule neuf électrique ou hybride rechargeable, une « prime » allant jusqu’à 10 000 euros peut être accordée. En parallèle, la modernisation du parc automobile français pourra participer à la limitation des pics de pollution devenus monnaie courante aujourd’hui (Mme Royal a indiqué hier matin son souhait que le processus de la circulation alternée puisse être mis en œuvre dès l’information d’un pic de pollution et non son constat avéré).

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Une alternative réellement écologique ?

Pour que l’utilisation d’un véhicule électrique soit possible, l’installation de bornes électriques de recharge à la maison donnent désormais lieu à un crédit d’impôts via le CITE. Mais, sur les routes françaises, l’état compte installer plus de 7 millions de bornes de recharge d’ici à 2020.

Réduction de la part du nucléaire

Actuellement, EDF produit l’électricité nécessaire à l’ensemble des besoins français. Le mix énergétique (« formule » des différentes sources d’électricité) est composé à plus de 75% d’énergie nucléaire. Les énergies renouvelables sont largement minoritaires et on exploite toujours un certain nombre de centrales thermiques (fioul ou gaz), qui servent notamment de variable d’ajustement. Celui-ci, via cette loi de transition énergétique, doit être modifié. La loi indique qu’il est prévu que l’énergie nucléaire passe de 75% à 50% du mix d’ici à 2025. Le parc nucléaire français sera plafonné à une puissance de production de 63,2 gigawatts.

Réacteurs de centrale nucléaire en pleine campagne dans leur environnement naturel.

Réacteurs de centrale nucléaire en pleine campagne dans leur environnement naturel.

On se souvient qu’il y a peu de temps, un scénario 100% énergies renouvelables de l’ADEME d’avril 2015 avait été « un peu escamoté » par le commanditaire gouvernemental… Ce scénario prévoyait qu’il était possible qu’une transition complète de la puissance électrique française du mix actuel vers un mix uniquement fait d’énergie solaire, éolienne, d’énergie hydro-électrique ou de biomasse voit le jour. Le nucléaire allait donc être abandonné ! Le prix de ce scénario dépassait de très peu le scenario de la poursuite du nucléaire français et de son entretien, particulièrement hors de prix…

Même si l’énergie nucléaire est globalement peu consommatrice et productrice de CO², en comparaison par exemple à la combustion des énergies fossiles, les énergies renouvelables sont locales (pas de transport d’énergie), renouvelables à merci (à vie d’homme) et non polluantes (tant des gaz nocifs que du CO²). L’énergie nucléaire ne fait donc pas le poids, d’autant plus qu’elle fait planer un risque sanitaire considérable…

Autres mesures

L’idée de cet article n’est pas d’être exhaustif sur les différentes mesures votées mais d’expliquer globalement la direction vers laquelle on se dirige. On citera tout de même :

  • Abandons définitifs des sac plastiques donnés pour faire les courses
  • Répression de l’obsolescence programmée
  • Obligation pour les grandes surfaces de faciliter le don des invendus alimentaires
  • … (bien d’autres dont on pourra facilement trouver la liste sur Internet)

La direction du tout électrique ?

Grâce à cela, la France se dote d’un arsenal législatif innovant (assez ambitieux ?) mais dont on ne sait s’il sera suffisant, pour se mettre à l’échelle de la planète et du réchauffement climatique. Comme d’habitude, cela dépendra essentiellement de la mise en application de cette loi…

Critiquer cette loi est une possibilité un peu facile. Elle a au moins le mérite d’exister. Il est certain que, pour les uns ou les autres, elle ne va pas assez ou trop loin. Mais ce qui est clair, c’est qu’elle semble privilégier « l’arme » du « tout électrique », pour contrer la génération systématique de CO². Pour autant, est-ce une bonne chose ? On en a déjà parlé sur ce blog…

Il y a forcément des manques et des faiblesses dans cette loi. C’est pourquoi les initiatives citoyennes doivent être largement encouragées, pour servir de contrepoids et d’amendement à cette loi qui pose tout de même un cadre de base… En filigrane, on peut également comprendre qu’une transition comportementale des français est demandée : moins de gaspillage, plus de cohérence et logique des comportements énergétiques ! Sans cela, sans une réelle participation des citoyens à cette transition, il sera de toute façon impossible de modifier les habitudes ! Mais il est tout de même vrai qu’on a fortement l’impression que beaucoup y vont à reculons…

Un peu trop de politique et pas assez d’écologie ?

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