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Les earthships, summum de l’autonomie et de la performance énergétique ?

Les earthships, summum de l’autonomie et de la performance énergétique ?

Le concept d’earthship nous vient des Etats-Unis où l’on s’est posé la question : comment vivre confortablement dans le désert de manière complètement autonome ? Comme ce concept est difficilement applicable en France et même en Europe, à cause notamment des différences de législations et de climat également, on en parle peu en France. Pourtant, il y a dans ses constructions beaucoup de choses à prendre !

Le earthship (« bateau terrestre ») ou « géonef » est donc une réponse spécifique à un environnement spécifique, le désert du Nouveau-Mexique. Pourtant, certains concepts ont aujourd’hui été importés. Il y a largement de quoi prendre et laisser… L’esthétique n’est pas prioritaire mais le confort de vie, la simplicité de mise en place et l’utilisation de moyens simples mis à disposition par la nature le sont nettement plus !

Les earthships utilisent des méthodes simples à base de recyclage, d’écologie, de performance thermique et énergétique.

La géothermie et la masse thermique

Premier constat : la terre nivelle les écarts de température et apporte une solution thermique concrète. Enterrer sa maison, comme celle d’un hobbit, est un fantasme de beaucoup de personnes. Mais l’objectif, dans la fabrication d’un earthship, n’est pas la réalisation d’un rêve mais bien l’utilisation d’un principe vieux comme le monde : l’utilisation de la masse thermique de la terre pour niveler les températures dans la maison. Ce principe, le même que pour un puits canadien, permet de garder la maison à une température moyenne d’environ 20°.

earthship-croquis

Alter-ec-home : les spécificités d’un earthship

La maison est enterrée lors de sa construction, un grosse épaisseur de terre est ajoutée sur la maison.

A l’avant (au sud), une serre solaire tout en longueur et des baies vitrées apportent de la chaleur solaire en abondance. L’orientation de la maison est telle que le soleil d’hiver permet de chauffer le fond de la maison (un peu sur le principe du mur-masse) mais le soleil d’été limite son entrée à la serre au sud (orientation plus haute dans le ciel). Lorsqu’il fait trop chaud (n’oublions pas que le principe du earthship a été développé pour un climat semi-désertique) dans cette serre, des gaines enterrées font entrer de l’air frais venant du nord et rafraîchissent la maison en poussant l’air trop chaud évacué par des ouvertures ou dessus de la serre. L’isolation thermique du toit est très poussée et empêche les pertes thermiques. Aucune ouverture n’est faite au nord, à l’est ou à l’ouest.

La construction de la maison est très simple et aucune technologie bioclimatique ou non (ventilation double-flux, puits canadien hydraulique, mur-masse et serre solaire…) ne vient court-circuiter le processus de fabrication et en alourdir le prix… Les matériaux de construction sont écologiques ou naturels ou non. Mais surtout, le principe de base, est la réutilisation de déchets industriels en masse (quantité très importante sur Terre) : pneus, canettes, bouteille en verre… De fait, la construction d’un earthship ne coûte quasiment rien !

Les apports solaires

Dans un earthship, il n’existe pas de chauffage. Le earthship utilise la low-technology sans le savoir (vu l’ancienneté du concept). Pas de gaines, de tuyaux, de circuit de chauffage, de radiateurs, de mur chauffant ou plancher chauffant… Dans une maison passive, la chaleur vient de la réutilisation de la chaleur humaine, ménagère et quotidienne via la ventilation double-flux. La masse thermique du earthship (pneus et terre) absorbe la chaleur en excès de la journée pour la restituer plus tard (comme un mur en brique de terre crue par exemple). La géothermie passive (gaines enterrées faisant entrer de l’air venant du nord de la maison est une sorte de climatiseur passif et crée donc du froid. En ce qui concerne la création de chaleur, un peu comme les maisons bioclimatiques actuelles, la serre solaire et les baies vitrées vont emprisonner cette chaleur indispensable au confort de vie. Le solaire passif est alors mis à contribution. Les nombreuses plantes vertes et cultures de la serre joue le rôle de régulateurs thermiques.

La gestion de l’eau

Le toit plat (1 seul pan à déclivité modérée) n’est pas alloué à la végétalisation, comme c’est la mode actuellement, mais à la récupération des eaux de pluie qui « glissent » directement dans des cuves enterrées et non à la lumière à l’arrière de la maison. Cette eau est alors filtrée pour être injectée dans les toilettes ou pour tout autre utilisation du même type (filtration moyenne) ou pour être consommée (forte filtration), ce qui est impossible chez nous. Les eaux grises sont réutilisées plusieurs fois (2 à 3 fois) pour être de l’eau de nourriture des plantes ou revenir dans les toilettes. La phytoépuration est, depuis, passée par là et pourrait apporter un vrai plus dans le jardin-potager à l’arrière de la maison !

Le modèle est-il transposable ?

Les earthships sont des constructions bioclimatiques culottées et très efficaces, s’ils sont bien faits ! Les permis de construire sont compliqués à obtenir et ils bénéficient d’une réputation de « maison-poubelle » peu sympathique. C’est pourquoi cela reste un type de construction très la marge actuellement ! Pour autant, le formidable potentiel de la masse thermique de la terre est bien peu exploité actuellement excepté dans des techniques à la marge comme les puits canadien et il est à prendre en compte dans les développements constructifs à venir. Leur esthétique est également un autre aspect qui rebute : en même temps, rien n’empêche d’en construire des versions adaptées à notre climat et correspondant plus à nos critères de « beauté » !

Il est essentiel de rappeler une nouvelle fois que le concept a été développé pour un environnement donné et qu’il n’existe pas de déclinaison pour tout les cas. L’esthétique, le mode de construction, les contraintes législatives font d’un earthship un cas spécifique très intéressant et dont il est bon de s’inspirer mais qu’il est très complexe à mettre en place. Les earthships sont complètement autonomes et indépendants concernant l’eau et les énergies. Ils ne sont donc pas raccordés.

Les eaux-vannes des toilettes ne sont pas réutilisées. Des toilettes sèches pourraient être installées mais le principe n’est pas encore adopté. De même, la pollution intérieure de nos maisons est telle qu’on est obligé de ventiler nos maisons. Les earthships ne sont pas ventilés, ni mécaniquement, ni naturellement, seul de l’air frais entre pas les gaines au nord. L’aspect « jardinage » et potager du earthship n’est pas non plus développé, cela laisse de la marge à la personnalisation de son earthship !

Il y a quelques temps, je publiais un article « Que faut-il pour une maison passive ? Et puis d’abord, c’est quoi ? Le top de l’écologie ? ». La maison passive fait figure de summum de ce qui se fait de performant et d’efficace en matière de performance énergétique, sous nos latitudes, pour une famille classique de 4 à 6 personnes. De même, les earthships sont une sorte de summum en ce qui concerne la maison autonome (énergie, eau…) et performante énergétiquement. En revanche, la question du confort de vie est cruciale avant d’intégrer une maison, il ne faut pas l’oublier ! Et ce n’est pas lié à ne question de performance énergétique ou simplement d’autonomie mais bien à la façon dont chacun a décidé de mener sa vie !

Plus d’informations (notamment des vidéos) :

http://www.habitat-impact-positif.fr/quest-ce-quun-earthship/

http://www.alter-ec-home.com/2013/01/11/un-habitat-autonome-la-geonef-ou-earthship/

http://gare-au-dragon-vert.blogspot.fr/2013/03/a5-quest-quun-earthship.html

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