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Pourquoi le chauffage électrique est tant utilisé aujourd’hui en France ?

Pourquoi le chauffage électrique est tant utilisé aujourd’hui en France ?

La France est le pays de plus nucléarisé du monde avec les États-Unis et le Japon dans une moindre mesure. C’est un fait et tout le monde le sait. Le choix du « tout nucléaire » a été fait dans les années 70′ pour différentes raisons. Aujourd’hui, le gaz est l’énergie la plus utilisée pour le chauffage (44%) devant le chauffage électrique (effet joule, sans inertie), 34% et le fioul (14%) – chiffres ADEME 2014. Faut-il voir un lien entre le chauffage électrique et les 54 réacteurs nucléaires français ?

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La proportion des modes de chauffage en France en 2013

Un lien logique entre l’énergie nucléaire et le chauffage électrique

Pour ceux qui auraient vu le documentaire hier soir, c’était le sujet du film d’hier soir sur France 5. Après le premier choc pétrolier de 1974, la France, qui se dirigeait vers une « France pétrolisée » et non une « France nucléarisée », a fait le choix du nucléaire, notamment pour des raisons d’autonomie énergétique – autonomie presque immédiatement largement remise en cause. Dès les années 80′, de nombreuses personnes avaient dit que l’énergie nucléaire ne correspondait pas à l’utilisation qui allait en être faite, et qui n’a fait que s’aggraver… Sous les présidents Pompidou et Giscard d’Estaing, la France s’est donc dotée de nombreux réacteurs nucléaires dits civils, nettement trop d’ailleurs…

Tellement que EDF (tout puissant à cette époque) ne savait que faire de toute cette électricité ! Au lieu de faire machine arrière ou revoir sa copie, la France s’est lancée à corps perdu dans le chauffage électrique, censé résoudre ce problème de trop grand nombre de centrales nucléaires. Un non-sens total… La France aime son chauffage électrique…

Qui le lui rend bien mal !

Au lieu de tenter, dès les années 80-90, de réorienter sa politique énergétique, la France s’est entêtée dans la direction du chauffage électrique. Nombre d’appartements ou de maisons sont équipés de convecteurs électriques aujourd’hui de médiocre qualité. Les magasins généralistes comme les magasins de bricolage regorgent de radiateurs ou convecteurs décentralisés dont la plupart est de mauvaise qualité. Oui, mais voilà, un convecteur ne coûte pas très cher (et lorsqu’on n’a pas le choix ou que l’on est locataire…)… Lorsque de trop nombreuses habitations ont été équipées de chauffages électriques (les installateurs et constructeurs cédant aux sirènes d’EDF), on avait encore peu conscience de ce qui en serait dit aujourd’hui, à part quelques voix que l’on a bien vite fait taire.

Aujourd’hui, les cas de détresse et précarité énergétique sont nombreux, pour la plupart à cause de ce chauffage. Un convecteur électrique de moyenne à basse qualité est très peu cher à l’achat mais ne chauffe pas ou plutôt il chauffe… le plafond ! Et, dès que l’on a froid, on pousse donc le bouton de puissance et là, c’est la facture qui s’envole ! Car le chauffage électrique est une aberration française et uniquement française, les chauffages électriques sont déconseillés voire interdits dans de nombreux autres pays. Les centrales nucléaires ont un rendement de à peine 60% parce que les cheminées expulsent une quantité de chaleur faramineuse. Cette chaleur est donc perdue. L’électricité créée arrive chez le consommateur (avec de nombreuses pertes en chemin) et est convertie en chaleur par le chauffage électrique (les autres types de chauffage, radiateur à chaleur douce ou radiateur à inertie, sont moins mauvais mais le principe reste le même). Illogique et désastreux pour le consommateur ! C’est ce qui rend ce type de chauffage si cher !

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40% de l’énergie produite par les centrales nucléaires chauffe les étoiles !

De nombreuses alternatives

Non seulement il est possible, aujourd’hui, d’acheter de l’énergie 100% verte (chez Enercoop) ou chez un fournisseur alternatif à EDF, mais les solutions énergétiques autres sont nombreuses ! On ne pourra que féliciter l’OPAC 38 qui gère quelques logements à Grenoble qui aura privilégié plutôt la réfection de l’isolation thermique (une ITE vraiment efficace) des HLM de Grenoble et qui aura financé l’installation d’un chauffage central via une chaudière à pellets de bois, pour abandonner ces fameux grille-pain. La vision unilatérale du « tout électrique » aura vécu !

Aujourd’hui, le chauffage au bois (poêle à bois au chaudière, bois-bûches ou pellets), les chauffages aux énergies renouvelables (SSC) ou réseaux de chaleur voire des chaudières à condensation même à gaz, sont nettement plus profitables (plus chères à l’achat mais nettement moins chères sur du moyen terme et plus éconologiques) ! Mais le mode de chauffage idéal est propre à chacun !

6 comments

  • bonjour, On est passé d’un extrême à un autre. Il y a quelques 35 ans on a encouragé le chauffage électrique dans les maisons neuves de 100 m2 envion, qui étaient isolées, certes, mais moins bien qu’aujourd’hui.

    De nos jours, même dans les studios, on ne met plus de chauffage électrique, alors qu’il s’agit de petites surfaces et que l’isolation a bien progressé. On met soit du chauffage collectif, soit on met… une chaudière à gaz. et cette chaudière à gaz va nécessiter un abonnement à 200 euros/an et un entretien chaudière aux environs de 120 euros, soit 320 euros de frais fixe. Cela coûtera nettement plus cher que la consommation de gaz… On voit le ridicule du système.

    Par contre, on voit des gens qui restaurent de vieilles maisons, assez grandes, parfois nettement plus de 100 m2, et ils veulent placer (souvent en complément d’un poêle à bois -le bois ne va pas tout seul dans le poêle si on n’est pas là pour le regarnir) des radiateurs électriques….

    Mais ce n’est pas tout…. Ils ne veulent même pas isoler certains murs pour ne pas perdre le charme de la pierre, donc ils installent des radiateurs électriques dans une passoire énergétique…

    Autre chose : on calcule la puissance d’un radiateur électrique en fonction du volume à chauffer et de façon à ce qu’il puisse chauffer correctement même s’il fait – 20 ° C à l’extérieur…
    Il ne serait pas compliqué d’avoir des radiateurs à deux puissances, de façon qu’en petite puissance le radiateur ait une puissance inférieure : par ex : un radiateur de 1000 watts pourrait avoir une puissance moindre d’un quart soit 750 watts lorsque la pièce est déjà chaude et/ou qu’il ne fait pas trop froid dehors, ou qu’une pièce n’est pas occupée.
    AVANTAGE : une moindre puissance permettrait de moins tirer sur les centrales nucléaires aux périodes critiques où l’on risque la coupure et ceci, sans nuire au confort.

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    • Mais, pour cela, il faudrait du bon sens et une vision à long terme, ce dont manquent cruellement nos autorités. Le chauffage électrique n’est pas un chauffage cohérent avec l’urgence environnementale mais uniquement une réponse à un excès nucléaire… Rien de logique à installer de l’électrique donc !

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  • Bonjour Pierre,
    La RT 2012 a marqué une rupture profonde par rapport aux habitudes de construction du passé : en divisant pratiquement par trois les exigences réglementaires de consommations maximales d’énergie d’un logement (exprimées en énergie primaire)

    la RT 2012 a exclu du coup les solutions électriques de chauffage par effet Joule (pénalisé par le coefficient conventionnel de 2,58 appliqué au kWh électrique) et a fait du gaz (1 pour 1), l’énergie de référence pour le chauffage du logement et la production d’eau chaude sanitaire dans la construction neuve.

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  • Bonjour Pierre,

    L’effet joule est aujourd’hui pénalisé dans la construction neuve. Les travaux énergétiques recommandés aujourd’hui, mettent l’accent sur les travaux d’isolation. Il faudra cependant du temps, pour gommer ces décennies de construction « tout électrique », politiquement liées au choix du nucléaire. On ne peut que se féliciter tout de même, la prise de conscience collective tend vers la sobriété …. et la possibilité technique de se tourner vers l’énergie bois pour le chauffage.

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