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Eco-label ou homemade ? 2 manières de procéder bien différentes

Eco-label ou homemade ? 2 manières de procéder bien différentes

L’ère de la consommation à outrance sans regarder les étiquettes est révolue : du moins, cela commence et, à moyen terme, les français ne choisiront plus de produits commerciaux sans éthique environnementale et autre. Une tendance assez en vogue actuellement est le DIY pour « Do It Yourself ». Cette tendance a le vent en poupe et pousse un certain nombre de personnes à se faire soi-même un certain nombre d’objet de tout type (cosmétique, couture…). Pour autant, même hors de cette tendance, le « home made » est depuis longtemps une façon de répondre à un manque financier, une volonté personnelle ou un peu des 2. Récemment ou depuis plus longtemps pour certains se sont greffées d’autres valeurs éthiques au home-made (écologiques, sociales…) si bien que le home made, même si largement minoritaire, s’installe de plus en plus comme une voie importante.

Le cas de l’auto-construction : à l’origine, une pensée sortant des sentiers battus

L’auto-construction appartient bien à ce type de résolution, même s’il est forcément différent de construire une maison ou construire un composteur. Cette tendance dépasse maintenant les bricoleurs « purs et durs » et devient de plus en plus accessible grâce aux chantiers participatifs, aux aides venant d’un peu partout, aux vidéos et blogs sur Internet, aux logiciels de construction sur ordinateurs ou d’étude thermique… Et comme on peut ne réaliser soi-même qu’un partie de ses travaux et laisser des professionnels faire ce que l’on ne se sent pas de faire soi-même, l’auto-construction se démocratise largement et ne reste plus l’apanage de quelques bricoleurs de génie.

Au départ, c’est une pensée fondamentalement différente. Il ne s’agit pas forcément de faire soi-même pour une raison ou pour une autre mais certaines personnes ne conçoivent plus (ou n’ont jamais conçu) de ne pas faire soi-même les choses qu’ils sont capables de réaliser. Cette façon de penser peut être un cheval de bataille « révolutionnaire » contre la société de consommation actuelle, une sorte de manière de se réapproprier sa destinée et d’assumer complètement ses choix, comme la réalisation par ses propres moyens d’un jardin-potager par exemple. D’un autre côté, ce peuvent être divers enjeux plus ou moins importants qui poussent quelqu’un à « faire lui-même » mais, le plus souvent, c’est mélangé. Dans le cas d’une pensée et réflexion volontairement indépendante, la réalisation d’une maison entière ou d’un « simple » four solaire se rejoignent. La réalisation d’un potager rejoint un peu les mêmes règles. Observer et suivre le cycle complet de la plante, de sa naissance à sa mort, fait partie des réalisations home made : préparer sa terre (compost, engrais verts…), planter ses semis, entretenir et accompagner les fruits et légumes (amendements, paillage, récupérer l’eau de pluie…), , développer la productivité de son potager, récolter les fruits de son travail, produire ses propres graines soi-même et même accéder à l’autonomie alimentaire sans, à aucun moment, faire appel à des produits extérieurs est en soi une réalisation personnelle et personnalisée.

Les enjeux du home-made

Cet enjeu intellectuel s’accompagne souvent mais pas forcément d’autres enjeux plus terre-à-terre mais tous autant valables les uns que les autres. Bien souvent, ces enjeux sont liés. Et, bien souvent, « lorsqu’on y prend goût, on ne peut délaisser le home-made », c’est effectivement souvent ce que l’on remarque.

L’enjeu financier

Aujourd’hui, l’immobilier est particulièrement cher. Souvent, le choix est fait ou a été fait de s’endetter toute sa vie pour acquérir sa résidence principale. Mais nombre de personnes ne peuvent pas faire cela et sont « condamnés » à être locataires toute leur vie. Pour ce qui est des travaux nettement moins importants, c’est un peu la même chose. Lorsque l’on a besoin de faire des travaux dans sa maison, d’avoir une serre pour son potager ou de changer de vêtements, on peut ne pas avoir assez d’argent pour cela ou ne pas souhaiter le dépenser. Ou, comme c’est plus souvent le cas, on pourra trouver que l’acheter dans le commerce, c’est trop cher et qu’il vaut mieux économiser cet argent pour le mettre ailleurs ! L’enjeu financier est souvent le premier des enjeux. Par exemple, les semences dans le commerce sont chères, un sachet de quelques graines (et on sait bien que toutes ne vont pas produire) va jusqu’à 5 ou 6 euros pour des graines de piètre qualité. Produire ses graines soi-même à partir de graines reproductibles permet d’éviter de dépenser au moins une centaine d’euros par an, ce qui est loin d’être négligeable.

L’enjeu qualitatif et écologique

Réaliser soi-même, c’est l’assurance d’un produit dont on maîtrise toutes les étapes de production. Si le résultat est raté, on ne peut s’en prendre qu’à soi-même. Dans le cas contraire, on peut s’en enorgueillir. Le home-made a cela de gratifiant que non seulement on n’y met pas la même somme mais on aura réalisé un objet avec ses propres mains et ses propres connaissances. Le travail réalisé par des professionnels n’est en aucun cas de mauvaise qualité mais il est globalement le même partout et peut être qualitativement trop faible. Par exemple, un enduit chaux-chanvre n’est pas si simple à réaliser et à appliquer sur des bottes de pailles comme isolant, bien que l’adéquation des deux ne soit pas forcément optimale. Nombre de professionnels auront trop peu l’habitude de le réaliser, voire aucune et dans ce cas, la réalisation de cet enduit soi-même pourra être bien meilleure. C’est la même chose pour tout : soit l’auto-constructeur est spécialiste d’un domaine que le professionnel ne connaît pas, soit il ne l’est pas mais le professionnel ne l’est pas non plus et, dans ce cas, l’auto-constructeur apprendra et réalisera le travail lui-même.

Actuellement, l’enjeu écologique n’est pas forcément rentré dans les mœurs de tous. Tout au plus, les professionnels ont des exigences quant à la performance énergétiques de leurs travaux (pour ce qui est par exemple des exigences de la certification RGE). Parallèlement, de plus en plus de gens souhaitent des maisons écolos, saines pour leurs familles, peu énergivores. Tous ces objectifs se rejoignent alors. Les techniques d’isolation thermique, d’étanchéité à l’air, de maison passive ou pour la réalisation d’une maison bioclimatique avec une serre solaire ne sont pas forcément connues de tous les professionnels ; c’est donc une raison pour réaliser ces travaux soi-même, si tant est que l’on n’en ait les capacités.

L’enjeu libertaire

Comme on le disait un peu plus haut, lorsque l’on a touché au « home-made », il est difficile de s’en échapper ! Il est probable que le résultat soit plus personnel et pas forcément parfait mais on en connaît tous les matériaux de construction, toutes les étapes de fabrication. Tout cela, on y a réfléchi et on s’est même creusé la tête pour le résultat, on l’espère, attendu. Cette liberté de réflexion et de réalisation est très appréciable et il est difficile de s’en défaire. D’autant que lorsque que l’on réalise quelque chose soi-même, on n’a pas à dépendre des horaires des autres, de leurs attentes… C’est, d’un point de vue organisationnel, nettement plus simple.

Et les labels ?

Il existe différents types de labels. Aujourd’hui, tous les produits ne peuvent pas être couverts par un label mais cela se développe largement. Les gens veulent s’assurer de la qualité de ce qu’ils achètent. Cela concerne essentiellement les produits transformés et non les matières premières qui, elles, souffrent nettement moins d’un prix parfois déraisonnable ou de caractéristiques peu écologiques et solidaires.

AB bio

Le label bio français suivi de la feuille européenne

Il existe des labels pour un peu tout, l’utilisation raisonnée de nos bois de forêt (PEFC ou FSC), un label de consommation optimale et pollution minimale pour nos systèmes de chauffage (label flamme verte), les labels de l’agriculture biologique (AB et autres), des labels pour nos cosmétiques pour le caractère bio des composants, le caractère « social et solidaire » de la production des matières premières ou le respect de la vie animale comme l’écolabel européen, les labels Cosmébio ou Nature & Progrès. Et d’autres évidemment…

Les principaux labels bio

Les principaux labels bio

Le consommateur a de plus en plus d’informations qualitatives (éthiques, écologiques…) pour faire son choix en toute connaissance de cause. Il y a encore quelques années, on ne savait pas vraiment de quoi était fait ce que l’on achetait. Et c’est une bonne chose ! De même, la loi actuelle impose de plus en plus la pose d’étiquettes énergie sur les produits lors de leur achat. Cela permet d’en savoir plus sur le fonctionnement du produit. Pour ce qui est de la pollution intérieure, l’étiquette « émissions dans l’air intérieur » permet d’évaluer le degré de pollution passive du produit, les rejets dans l’air ambiant.

Une étiquette sur les emballages que l'on voit de plus en plus

Une étiquette sur les emballages que l’on voit de plus en plus

Ces labels ont l’inconvénient de diriger parfois un peu trop les consommateurs vers un type de produits et de mettre à mal une diversité de l’offre et une concurrence parfois intéressante sur le plan qualitatif. Mais on ne peut pas tout avoir ! Lorsque l’on choisit les composants du produit que l’on va réaliser, ces informations sont peu présentes et ont de toute façon nettement moins d’intérêt. L’achat par label est donc fortement orienté à la différence de la construction home-made.

Home-made ou labels ?

L’utilisation de produits labellisés a bien d’autres conséquences et apparaît comme une façon complètement différente de penser. Créer soi-même ses propres savons ou son propre shampooing ou l’acheter en grande surface, même labellisé, c’est autre chose. Les démarches sont différentes. Lorsque l’on réalise soi-même, on maîtrise tout du produit et l’on peut choisir exactement sa composition (d’autant plus si l’on cultive tous les ingrédients dans son jardin, d’ailleurs) ; lorsque l’on achète un produit labellisé, on ne s’embête pas et on ne perd pas de temps à le construire ; on a l’avantage du bio (pas 100%, les labels ne sont pas aussi restrictifs) mais l’inconvénient du prix. Les 2 démarches sont bonnes et il est de toute façon préférable d’avoir un produit à 90% bio que pas bio du tout…

Ces 2 démarches induisent une différence de positionnement idéologique. Une personne adepte de l’auto-construction est souvent intéressée par le bio et la permaculture mais pas forcément. Pour autant, on observe assez clairement que les tendances de la mode actuelle vers le bio et le « naturel » se rejoignent souvent et les personnes les plus radicalisées ne sont pas toujours où l’on croit ! Ces démarches sont des choix de vie en fonction de son parcours, sa situation… S’il est bon d’imposer de plus en plus de produits bio dans notre quotidien, plus de bons-sens humain dans nos relations avec le monde et notre environnement et plus d’humilité dans tous nos faits et gestes, l’une de ces démarche n’est pas meilleure que l’autre, chacun d’elle répond simplement à des besoins et des envies différents !

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