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Auto-construction et réglementation : construire ma maison de manière alternative respecte-t-il la loi ?

Auto-construction et réglementation : construire ma maison de manière alternative respecte-t-il la loi ?

Les techniques anciennes de construction comme la terre crue, le pisé, la paille… Sont aujourd’hui largement remise au goût du jour. A peine modernisées, ces techniques mettent en avant des qualités essentielles aujourd’hui en terme de gestion de l’humidité, isolation thermique, isolation phonique ou inertie thermique. Ces avantages que l’on négligeait jusqu’à présent permettent à ces techniques et méthodes de construction de présenter une réelle alternative aux méthodes classiques et actuelles de construction, comme le fameux PLP (« parpaings – laine de verre – placo »).

Bien souvent, ces techniques sont utilisées lors de l’auto-construction de la maison car les matériaux sont nettement moins chers et disponibles localement. De même, pour des travaux de rénovation en auto-construction, un mur en terre, une isolation en bottes de paille ou l’utilisation de Fermacell à la place du classique mais peu performant Placo, sont souvent plébiscités par les maîtres d’œuvre amateurs.

Pour autant, aujourd’hui, de nouvelles réglementations thermiques (RT) voient régulièrement le jour, pour les constructions neuves au moins. RT 2012, RT 2005, RT 2000… Ces réglementations thermiques répondent à des besoins de durabilité et de performances tant énergétiques que matérielles. Celles-ci correspondent aux aspirations environnementales au moment et sont logiquement influencées par les méthodes industrielles de construction immobilière. Une question qui se pose souvent est : les méthodes et techniques de construction, souvent « homemade », alternatives, répondent-elles aux exigences des réglementations thermiques ? Car le monde industriel et le monde de l’auto-construction ne font pas forcément toujours bon ménage, même si l’objectif final est le même…

Les exigences des réglementations thermiques

On l’a vu, les RT 2000, 2005 ou 2012 sont de plus en plus exigeantes en matière de performance thermique, isolation thermique et étanchéité à l’air. La RT 2000 demandait un maximum d’une consommation énergétique en énergie primaire de 190 kWh/m²/an alors que la RT 2005 baissait cet objectif à 150, 50 pour la RT 2012 et probablement 0 pour la future RT 2020 (voir le comparatif des labels de performance énergétique et des réglementations thermiques). En terme d’étanchéité à l’air, c’est un peu la même chose, la RT 2012 demande même un test d’infiltrométrie (blower door, porte soufflante) pour évaluer l’étanchéité à l’air en fin de construction.

Les exigences des différentes RT sur les constructions neuves sont globales et non ciblées, cela signifie qu’il n’existe pas d’obligation à l’utilisation de telle ou telle méthode, technique ou même matériau. Le tout est d’arriver à un résultat probant. Pour autant, les complications d’utilisation de techniques alternatives existent bel et bien, lors de la certification de maisons. L’administration et son personnel sont habitués à une méthode de construction bien spécifiques, largement relayées par les industriels. Il est donc toujours plus difficile de faire accepter une maison construite différemment, même si les résultats aux tests officiels répondent aux normes établies.

Les réponses appropriées des méthodes alternatives

Pourtant, le résultat est bien là ! Les méthodes alternatives ou les matériaux alternatifs sont particulièrement efficaces en terme d’efficacité énergétique comme de confort pour les habitants. Les isolants bio-sourcés sont aussi efficaces que la laine de verre ou que le polystyrène expansé et sont d’origine naturelle, sanitairement non nocifs (un masque est obligatoire pour poser de la laine de verre) et à l’énergie grise très faible ! Avantage à la paille pour ce qui est de la ressource locale ou au métisse (coton de nos vêtements recyclé) pour la composante solidaire (les containers RELAIS, ça vous dit quelque chose?). Un mur en terre crue isolé en paille traitera parfaitement les excès et manques d’humidité dans la maison alors que le polystyrène et le béton seront imperméables à la vapeur d’eau…

maison-terre-paille

Une belle maison en terre !

Un earthship sera malheureusement trop spécifique et différent pour qu’il n’y ait aucun souci dans sa conception , au moins administrative. C’est peut-être un cas extrême mais qui ne respecte pas toujours naturellement le PLU (Plan Local d’Urbanisme). C’est pourquoi on est obligé de faire quelques aménagements et concessions ; le raccordement au réseau d’eau et au réseau d’assainissement local est par exemple aujourd’hui obligatoire en France. Les témoignages de constructeurs de earthships ou même de maisons alternatives montrent que ce n’est pas simple mais, en échange, la persévérance, l’enthousiasme et l’envie sont tels que certains projets vont au bout !

Même construite sous la houlette d’un architecte, une maison en terre isolée en paille à ossature bois par exemple saura être performante et pourrait tout à fait approcher les exigences du standard de la maison passive et apporterait naturellement plus de simplicité pour atteindre cette performance. Le choix de l’auto-construction n’est donc en aucun cas une obligation pour une maison construite de manière alternative.

earthship

Le navire terrestre

La réponse à la question initiale est donc OUI, notamment du au fait que la RT 2012 est une approche globale est son sélective. « On peut utiliser n’importe quoi tant qu’on arrive au même résultat ! » Mais il est clair que la construction d’une telle habitation peut naturellement être considéré comme un parcours du combattant administratif !

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