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[Témoignage] Prévoir le design de son jardin et ce que cela donne avec le temps !

[Témoignage] Prévoir le design de son jardin et ce que cela donne avec le temps !

Il y a peu de temps que j’ai commencé à jardiner. Dans ce jardin se trouvent une zone potagère, une zone d’agrément (transat…) et une zone « enfants » (portique…). A mon arrivée, le jardin était une friche qui ne compte finalement que 150 m², soit très peu. Ce découpage est probablement amené à évoluer, à se développer d’un côté ou de l’autre. Il n’est pas difficile de créer des « zones », en fonction notamment des besoins familiaux ; en revanche, il est nettement plus compliqué de bien les placer les une par rapport aux autres, de soigner les espaces de transition et même de soigner les éventuelles interactions entre elles ! Pour cela, il est essentiel de réfléchir à comment le construire du mieux possible. En sachant bien évidemment que des années seront nécessaires pour avoir quelque chose qui fonctionne bien et pour acquérir l’expérience nécessaire pour s’en occuper convenablement.

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Le design de son jardin

Qu’est ce qu’un beau jardin ? Chacun aura son idée là-dessus… Pour autant, des récurrences existent. Un beau jardin (en dehors de l’esthétique qui convient à chacun, donc) est :

  • Un jardin qui remplit une fonction ou plusieurs mais qui correspond à ce pour quoi on l’a créé
  • Un jardin pratique : qui pourra apporter un surplus de production (alimentaire, bois de chauffage…) ; cela dépendra de la taille bien évidement…
  • Un jardin naturel et bio : là-encore, chacun se fera son avis sur le sens donné à ces termes

Dans la maison, l’homme peut contrôler tout. Dans un jardin, il devra composer avec la météo, les plantes et leur caractères, les voisins, le climat… L’homme n’y est donc pas maître, ce qui donne au jardin une « marge d’erreur », une incertitude si plaisante à certains mais intolérable à d’autres… C’est aussi ce qui lui donne son charme…

En permaculture, le terme « design » possède un sens particulier. En effet, celui-ci désigne le travail préparatoire (et non seulement le dessin) d’observation et de repérage de l’environnement du jardin et du jardin lui-même, de définition des objectifs et de mise en adéquation des 2 pour un fonctionnement optimal. Pour autant, la théorie parle assez peu des modifications que l’on apporte avec le temps, soit parce que l’environnement ou le jardin changent soit parce que les objectifs ne sont plus les mêmes. La permaculture parle beaucoup d’un apprentissage « sur le tas », les modifications en cours de développement, si elles sont peu décrites, existent bel et bien ! De même, la phase d’observation peut être très longue et être faite alors même que des cultures sont en cours…

Ces actions sont souvent faites plus ou moins consciemment mais il est vrai qu’il faut insister sur le fait les éléments du jardin interagissent entre eux et qu’il est toujours meilleur de penser un « plan » à l’avance pour éviter des complications voire erreurs inutiles !

  • Les objectifs de départ : « mon jardin, je le vois comme un havre de paix pour la nature et pour moi-même ». Très petit, il doit remplir plusieurs fonctions, 3 essentiellement : lieu pour les enfants, lieu de détente pour tous et potager productif.
  • Les contraintes : la taille essentiellement mais aussi le type de terre (de argileuse mais lourde à légère mais pauvre), le manque d’ombrage et le soleil parfois rude.
  • Les envies : Des fleurs, des fleurs et encore des fleurs ! J’aurais bien d’autres envies mais incompatibles avec un jardin de cette taille quoi que…
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La butte en fleur

La contrainte de la taille n’en est pas vraiment une. Il est essentiel d’être imaginatif et de réfléchir à des solutions visant à contrer le mieux possible cette contrainte. Nombreuses sont les expériences de jardin de ville ou même de campagne où les personnes sont arrivées à satisfaire tous leurs objectifs même avec un petit jardin. Le jardin vertical est accessible à tous : on peut facilement imaginer des solutions de plantes grimpantes ou de cultures en hauteur…

Les zones et leurs interactions, point de vue micro et point de vue macro

A partir de là, la mise en pratique sera essentielle pour valider les souhaits émis auparavant. Pour autant, si l’on cherche par exemple à mettre en place un potager ou une plate-bande de fleurs, il ne faudra pas oublier de garder un œil sur la globalité du jardin. Avec un point de vue en hauteur (comme la vue d’une fenêtre de l’étage par exemple), il sera facile d’avoir une vision claire et simple de ce qui fonctionne et de ce qui manque au jardin, pas assez de couleurs dans telle partie, trop d’ombre dans telle autre… Il ne faudra pas non plus oublier que le jardin change visuellement avec le temps, selon les saisons et la météo, la vision obtenue sera forcément différente. Une zone pourra fonctionner au printemps mais pas à l’automne…

Une zone de jeux pour enfants se caractérise par différentes choses, une pelouse assez épaisse (notamment pour éviter les bobos dus aux fréquentes chutes), des équipements spéciaux comme un portique et un tipi home-made. L’imagination infantile fera le reste !

Un potager implique que l’on ne doit pas y marcher dessus pour éviter de tasser la terre. Il est donc essentiel de le délimiter clairement, des piquets et de la ficelle feront l’affaire. Dans celui-ci, des allées devront elle-même être identifiables. La zone potagère est nettement plus exigeante en matière de qualité de la terre que la zone de jeu ou la zone « détente », elle sera donc prioritaire quant à son placement. Il serait, en revanche, une mauvaise idée que de diviser le potager en plusieurs endroits même si on peut avoir des sortes d’« annexes » qui jouent plusieurs rôles. Il est souvent nettement plus complexe, d’un point de vue organisationnel, d’accéder facilement aux différentes zones du potager. Il est tout de même certain que ça peut se discuter, dans le cas où, par exemple, on bénéficiera d’une terre plus riche ou mieux ombrée à tel ou tel endroit… Les équipements y sont modestes (tipis ou piquets pour les plantes grimpantes ou hautes comme les tomates), c’est essentiellement l’huile de coude qui y sera utile !

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Le potager aujourd’hui : fraisiers, courgettes, pois…

La zone détente, elle, sera composée de tout le reste du jardin, du moins si l’on considère le jardinage comme une activité de détente… Un coin pour mettre quelques transats pour se reposer au soleil comme pour observer le balais des insectes pollinisateurs, des oiseaux et autres auxiliaires du jardin. C’est là où les fleurs joueront tout leur rôle à mon avis : non seulement elles seront agréables à regarder, à sentir, mais elles nourriront nombres d’insectes et leur offriront même le gîte en hiver, du moins pour certaines, les cosmos par exemple… Lorsqu’elles seront fanées (comme la phacélie par exemple), on les mettra au compost ou on en fera un très bon paillage qui se décomposera avec le temps et nourrira la terre et ses habitants !

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La plate-bande 1

Ce serait encore mieux avec une piscine biologique ou une simple pièce d’eau mais là c’est vraiment pas possible !

La parole à la nature ?

Intellectualiser jusqu’à la création de son jardin ? Il ne faudrait pas non plus oublier son caractère naturel et imprévisible ! Et puis bon, il ne s’agit pas de faire d’une activité physique une complication mentale… Pour autant, faire un plan, on en a l’habitude lorsque l’on prévoit le plan de notre potager. Où mettre tel ou tel légumes, quelles fleurs associer et où ?, quelle rotation des culture, quelles plantes grimpantes, qu’est ce qui a bien marché l’année précédente ? … N’oublions pas non plus que l’on a le droit de se tromper ! Et puis également que certaines années, les arbres sont moins fleuris, tel légume donne moins, tel événement météorologique bouleverse la donne… Bref, un potager n’est pas certain comme 2 + 2 = 4 ! Tant mieux d’ailleurs car cette incertitude est énervante sur le moment mais piquante à long terme ! Et puis, la nature est si belle lorsqu’elle est indomptable, lorsque l’on réussit telle culture sans l’avoir prévu!Vous aviez planté un présumé superbe rhododendron et rien à côté et, finalement, vous vous retrouvez avec un rhododendron rachitique mais de superbes coquelicots juste à côté ! La chance fait partie de tout cela !

Pour l’instant, mon jardin est à peu près conforme à ce que j’avais prévu. Maintenant, c’est le temps qui décide essentiellement. J’essaye toujours de garder mes lignes directrices. Pour ce qui est de la mise en pratique, elle se fait petit à petit, selon le temps que j’ai et les moyens. Par exemple, j’avais prévu que tout le tour du jardin serait utilisé et couvert de fleurs ou autres plantes. C’était sans compter sur notre voisin et les jeux avec mes enfants… Un coin de ce mur de séparation avec le voisinage (en parpaings donc très lait mais fonctionnel) restera pour l’instant vide !

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