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Maison ancienne ou maison neuve ? Historique et questions d’inertie thermique

Maison ancienne ou maison neuve ? Historique et questions d’inertie thermique

Dans le parc immobilier français, les maisons les plus nombreuses sont celles construites avant 1970. Et de loin ! A cette époque, on ne s’intéressait pas aux questions thermiques, environnementales… A l’inverse, les maisons neuves fonctionnent totalement différemment. La RT 2012 a apporté beaucoup en matière de gestion thermique, d’étanchéité à l’air ou de pratiques environnementales, même s’il reste beaucoup à faire… D’ailleurs, la RT 2007 sur l’existant (RT actuellement valable pour la rénovation de bâtiment), complètement dépassée soit dit en passant, concerne ces bâtiments très nombreux et la RT 2012 (bientôt remplacée par la RT 2020) concerne les bâtiments nouveaux à construire.

Les bâtiments anciens, une masse souvent fragile

Avant la 2ème guerre mondiale, on construisait souvent avec ce que l’on trouvait autour de soi. C’est pourquoi les maisons en pisé, en torchis, les constructions en pierre ou terre/paille ont vu le jour. Ces matériaux naturels et souvent issus de l’environnement immédiat avaient énormément d’avantages que l’on envie largement aujourd’hui… Sans compter le bois évidemment mais auquel on ajoutait presque toujours un matériau lourd comme la terre ou la pierre…

Cela a bien souvent donné des bâtiments grands et lourds. Souvent qualifié d’inchauffable d’ailleurs… Aux parois froides et peu attirantes…

Les bâtiments nouveaux, légers mais isolés

Aujourd’hui, les maisons à ossature bois sont très nombreuses et, même si l’on utilise du béton, ce sera en plus faible quantité que la pierre auparavant. Il sera souvent associé à de la brique (creuse) et du plâtre (PLP ?). De fait, la lourdeur, mal vue et mal connotée (associée aux grandes pièces des grandes bâtisses de la renaissance au XIXème siècle), est largement mise de côté. Les maisons sont plus légères et plus rapides à construire.

Depuis les chocs pétroliers des années 1970, la question énergétique et les questions d’économies s’imposent aux gens et, même si aujourd’hui, les économies énergétiques deviennent obligatoires pour des raisons environnementales et de réchauffement climatique. La problématique est la même et la question d’isolation thermique devient incontournable pour tous ! On en vient même à parler d’étanchéité à l’air et d’inertie thermique !

Les bâtiments actuels sont donc nettement plus léger mais nettement plus isolés pour ne pas laisser partir la chaleur produite par le système de chauffage. L’étanchéité à l’air est complémentaire et permet de « boucher » les fuites des anciennes passoires thermiques. Les VMC (Ventilation Mécanique Contrôlées) sont très fortement recommandées actuellement et installées par défaut (même si on devrait être passé à la VMC double-flux en construction neuve comme les maisons passives en sont dotées).

Des matériaux nouveaux sont apparus : le béton, la brique (pleine ou non), le plâtre (placo ou fermacell) et des isolants peu naturels comme les isolants minéraux (laine de verre ou laine de roche) ou issus de la pétrochimie (polystyrène, polyuréthane…). Des nouveaux matériaux modernes qui répondent aux questions sociétales et économiques de l’époque.

Aujourd’hui, plus de technicité !

Aujourd’hui, on commence à avoir un peu de recul sur tout cela. Et on se rend compte que les matériaux modernes issus de la société de consommation et au capitalisme financier aveugle et ravageur sont des catastrophes sanitaires et environnementales ! Comme le nucléaire et le pétrole était LA solution énergétique après-guerre, les matériaux issus de laboratoires chimiques et de réalisations industrielles de masse sont tout ou partie à l’origine de la pollution actuelle considérable (tant la pollution aquatique que la pollution aérienne) et des effets sanitaires inquiétants pour notre génération comme la future. La part humaine du réchauffement climatique vient cette folie humaine et le conduira à sa perte si rien n’est fait.

Pour autant, attention, rien n’est à jeter sans y regarder de plus près ! De vrais enseignements sont à tirer de ces heures sombres même si les orientations sont à changer. La transition énergétique, le succès mitigé de la COP21 ou la RT 2012 sont un bon début et vont dans le bon sens. Les matériaux chimiques comme le polystyrène ou les isolants minéraux sont à oublier et doivent laisser la place à des isolants bio-sourcés naturels comme la laine de bois ou la ouate de cellulose (potentiellement locaux et plus efficaces). Le ciment et le plâtre doivent être toujours utilisés (difficile de construire de bonnes fondations de maisons sans béton) mais avec bon-sens et parcimonie. L’utilisation de chaque matériau doit être sondée et réfléchie selon ses avantages et inconvénients…

Les techniques de construction sont actuellement nombreuses, que l’on souhaite une maison traditionnelle, une maison écologique, légère, lourde, selon le lieu d’habitation, les souhaits particuliers…

Quelles conséquences pour les questions thermiques ?

D’un point de vue thermique, il y a à prendre partout. Grossièrement, la maison légère en bois moderne possède une bonne isolation (le bois possède de bonnes qualité isolantes) mais une mauvaise inertie thermique ; elle n’accumule pas la chaleur pour la restituer plus tard par déphasage thermique. Le confort d’été y est souvent absent. A l’inverse, la vieille maison en pisé ou en pierre est très agréable l’été grâce à ses murs très épais et protégeant ses habitants de la chaleur estivale mais difficile à chauffer l’hiver (car les murs emmagasinent la chaleur même si on le veux pas) et sans aucune isolation thermique. Une conjonction des deux est clairement à envisager ! La maison bioclimatique (notamment celle de JP Oliva et S Courgey) est conçue de telle manière à ce que les besoins de chauffage soient très réduits et qu’elle soit habitable toute l’année avec un vrai confort ! Serre solaire, murs accumulateurs ou puits canadien, les solutions existent bel et bien !

Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que les constructions de maison doivent être envisagées au cas par cas et non de manière industrielle. En auto-construction (tout ou partie) ou avec un architecte ! Pour arriver à des réalisations de qualité répondant aux objectifs de départ, c’est indispensable.

L’ajout d’un mur de refend au centre de la maison peut jouer ce rôle de captage d’inertie si le reste de la maison est en bois léger et bien complémenté d’un isolant naturel. Une serre solaire conçue dans le but de capter de la chaleur et de la redistribuer dans la maison gratuitement répond aux mêmes objectifs. Le doublage d’un mur de plâtre par de la brique lourde derrière un poêle à bois peut-être une bonne solution… Cela permettra d’ajouter de la masse à la maison… Une nette amélioration de l’isolation thermique est toujours à voir en priorité, une ITI ou ITE mais également le changement des menuiseries ou l’ajout d’une bonne épaisseur dans les combles. Mais tout dépend de la situation !

Jamais l’inertie thermique ne doit être pensée sans bonne isolation thermique mais pas non plus sans étanchéité à l’air (et donc ventilation) et inversement. Une maison est un tout dans laquelle un défaut aura une incidence majeure sur le fonctionnement global de la maison. Il est donc essentiel de penser du mieux possible la construction ou la rénovation de sa maison avec des professionnels sachant de quoi ils parlent ! Se renseigner, comparer…

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