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L’agroécologie : essai de définition

L’agroécologie : essai de définition

On entend de plus en plus parler de l’agro-écologie actuellement. Même nos hommes politiques se mettent à utiliser ce terme et à faire mention de ce qu’il recouvre ! Comme ce terme n’est pas vraiment défini, on peut facilement y comprendre et faire comprendre un peu ce que l’on souhaite. C’est pourquoi il est essentiel de bien comprendre ce terme et ce à quoi il renvoie ! Même s’il y a souvent recoupement, l’agro-écologie ne sera pas à confondre avec la permaculture, philosophie agriculturelle résiliente de fonctionnement de la terre et de l’homme en symbiose avec elle.

Si le concept existe depuis longtemps, il a subi des dernières années de lourdes évolutions et tout le monde n’entend pas exactement la même chose par ce terme. L’agroécologie vue par nos décideurs ou celle vue par des penseurs paysans n’est pas tout à fait la même. Pour autant, elle se rejoignent sur de nombreux points. Cet article présente une vision positive de l’agroécologie très environnementale et écologique, vers laquelle l’homme devra tendre pour répondre à l’urgence climatique et environnementale et pour un mode de vie en adéquation avec le souhait de laisser une terre viable pour les générations futures, à laquelle on pourra adjoindre permaculture ou agriculture biologique mais sans jamais les confondre.

Actuellement, nous faisons l’amer constat de la piètre qualité de ce que nous mangeons et de l’air que nous respirons… L’agro-écologie est censée remettre un peu d’ordre dans tout cela. Mais l’agro-écologie est un concept qui va au delà de simples répercutions dans notre assiette.

Valeurs humaines et sociales

Ce néologisme allie « agronomie » et « écologie » où « agronomie » est à prendre dans le sens général « d’agriculture raisonnée et réfléchie » et « écologie » dans le sens « d’environnement » et d’interactions dans un écosystème globalisé profitable à tous. Dans le système agro-écologique, tout le monde est gagnant, tous les hommes comme les animaux, le sol et la planète en général. L’homme fait partie d’un tout dans lequel chacun a sa place et constitue un rouage essentiel. Chacun vit dans une sorte de symbiose avec son voisin lui étant indispensable ! Bien entendu, l’agro-écologie est différente selon les personnes qui en parlent et certaines qualités vont être exacerbées ou laissées de côté selon qui en parle et comment. L’agro-écologie est à voir comme un fonctionnement global de société et un ensemble de rapports entre l’homme et son environnement alors que l’agriculture biologique, qui lui est liée de par un certain nombre de valeurs, n’est qu’un aboutissement tant humain (pratiques égalitaires et équitables) que sanitaire.

Les valeurs agroécologiques sont des valeurs paysannes, on ne parlera plus d’exploitant agricole qui exploite la terre pour vivre mais de paysans qui vivent en partenariat étroit avec leur terre et qui participent pleinement à la vie sociale et locale. De même, les fermes sont et restent à taille humaine sans chercher le « toujours plus », si courant actuellement dans notre société. Si la ferme n’est plus à taille humaine, le paysan ne pourra plus avoir un regard global lui permettant d’embrasser la globalité de son écosystème ! Cela lui permettra de redonner un sens clair et net au fonctionnement de celle-ci et de sa présence en tant que régulateur des milieux, ainsi qu’à une économie locale et localisée (éventuellement « bio » mais pas forcément) selon les valeurs et les besoin de chacun.

Le sol, l’eau et l’animal, bases agro-écologiques

Le sol est à considérer comme un être vivant. Dans un sol vivant vivent en symbiose des bactéries, des micro-organismes, des insectes, des vers de terre… Ce n’est pas ou plus un outil mais un véritable partenaire (selon les « courants », le sol est considéré comme plus ou moins symbiotique de l’homme) avec lequel on travaille dans un partenariat gagnant-gagnant. En le nourrissant grâce un paillage de qualité, des engrais verts ou des couvre-sols et en ne le laissant jamais à nu, on favorise largement cette vie interne et plus tard la pousse de nos cultures. Un constante attention sera de mise pour lui apporter ce dont il a besoin en eau, compost ou amendements naturels ! Pour autant le travail du sol doit rester minimal, il doit « se débrouiller seul », et le labour destructeur doit être abandonné !

La biodiversité est une des bases de l’agroécologie. En effet, on ne rend de plus en plus compte que les monocultures (tant dans un jardin amateur que dans une exploitation agricole) sont une contrainte productiviste mais une aberration écologique ! Les polycultures mettent en jeu un écosystème nettement plus riche et plus résilient. Différentes cultures vont attirer différents insectes, eux-même attirant différents animaux… Comment manger toujours la même chose mène à des carences, la monoculture mène à un appauvrissement généralisé des sols…

L’animal, plus ou moins grand est au centre du système, tant il y participe naturellement. Une ruche, par exemple va permettre de polliniser naturellement les plantes du potager mais également de produire du miel et de la propolis, produits très énergétiques et bons pour la santé humaine. Des poules vont nettoyer les sols et les déchets de cuisine et leurs fientes vont enrichir le sol… Les exemples sont nombreux… Dans la nature, les moutons vont « tondre » naturellement les prés et trouver un équilibre avec la forêt qui recouvrira probablement le pré si rien n’y est fait. Bref, là-encore, il s’agit d’un écosystème complet où l’animal comme l’homme y ont leur place !

L’eau et sa gestion sont eux aussi centraux dans la ferme agroécologique. L’utilisation de bassins, la construction de mares ou l’aménagement de courts d’eau passant sur le terrain pourront permettre un enrichissement naturel des terres, une amélioration de la biodiversité, de la présence animale (batraciens…). L’eau sera elle-même intelligemment gérée et une attention toute particulière sera portée à des retenues d’eau pour qu’elle ne file pas sur le terrain voisin entraînant les précieux nutriments. Un système d’irrigation sera créé si besoin…

L’agroforesterie, développée dans un autre article, devra être encouragée. Cette partie de l’agroécologie visant à mettre en avant les avantages de l’arbre dans l’écosystème global de la ferme agroécologique. L’arbre joue un rôle fondamental dans le fonctionnement de ce écosystème, du nourrissement de la terre (feuilles, branches…), à la régulation des vents et des apports solaires en passant par l’apport à l’homme et au animaux de nombreux produits essentiels (bois de chauffage, bois de construction…).

Et en dehors du jardin ?

L’agroécologie porte un bon nombre de valeurs dont celle d’agir en cohérence avec son environnement. Dans ce cadre, l’efficacité énergétique du logement et le développement du confort humain dans l’habitat vont de pair avec l’agro-écologie comme un avenir énergétique 100% énergies renouvelables. Dans le principe où la pollution humaine notamment due aux transports et à l’énergie est contraire à un fonctionnement en symbiose avec son environnement, sa biodiversité et ses règnes animal et végétal, les énergies fossiles seront abandonnées de même que l’énergie nucléaire. Pour cela, une baisse globale de la consommation liée à un fort développement des énergies renouvelables (énergie solaire, énergie éolienne, biomasse et hydroélectricité) est une action cohérente avec l’écosystème global et cette idéologie. La « sobriété heureuse » dont parle P. Rabhi qui nous dit que nous vivons actuellement avec nettement plus que nos besoins et que la société de consommation nous y encourage ; il suffit alors d’une bonne volonté pour réduire nos usages selon nos besoins et vivre en cohérence avec notre environnement !

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