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Les courges ou cucurbitacées, un légume parfait au potager !

Les courges ou cucurbitacées, un légume parfait au potager !

Les potagers individuels sont rares s’ils ne contiennent pas au moins un légume de la famille des courges. Et pour cause ! Les courges sont particulièrement faciles à cultiver, si tant est que l’on respecte quelques règles… Les courges regroupent les concombres ou les cornichons, les melons et pastèques, les courgettes ou les courges de conservation (courge butternutt, potimarron, courge musquée, pâtissons…). Il existe également de nombreuses courges de décoration non comestibles. Bref, la famille des cucurbitacées se prête particulièrement à la culture sous nos latitudes ! Mais, ce ne sont pas des radis qui poussent partout, très facilement et très rapidement, quelques règles issues souvent d’une expérience (réussie comme ratée) sont à suivre !

Acheter des graines ou mieux, les échanger !

Au début est la graine (quid de l’œuf ou de la poule…). Les courges peuvent aussi s’acheter en plants tout prêts mais poussent si vite que la multiplication par graines se fait très facilement et simplement ! Des sachets de graines se trouvent facilement au printemps mais on achètera bien évidement des graines reproductibles non F1 stabilisées, si possible bio. Une alternative particulièrement pratique aux achats de graines est le troc mais, la première année au moins, on est souvent obligé d’acheter ses graines et, à partir de graines reproductibles, on peut en récupérer tous les ans. Les trocs de graines et plantes sont nombreux au début du printemps mais on peut aussi troquer sur internet toute l’année. Si l’on s’assure que les graines sont bien reproductibles et non F1, correctement renseignées (date et lieu de récolte), alors le troc de graines devient une véritable alternative gratuite !

Les planter à la bonne date !

Les courges sont particulièrement sensibles au froid et gelées. Elles n’ont aucune rusticité, bien probablement parce qu’elle nous viennent pour la plupart d’Amérique centrale ou Amérique du Sud.

En revanche, elles résistent assez bien à la chaleur mais moyennement à la sécheresse…

Les courges peuvent être préparées en godet mi-avril pour être repiquées en pleine terre mi-mai au minimum. La « règle des saints de glace » doit être suivie pour les courges (quoi que cela dépendent bien sûr des régions où l’on habite…). Sous 0° à 5°, peu de chances de les voir survivre… Elles peuvent aussi directement être mise en terre à la mi-mai mais on gagnera quelques précieuses semaines en les préparant en pot avant.

Coureuses ou non coureuses ?

La plupart des courges sont naturellement coureuses, c’est à dire qu’elles vont prendre beaucoup de place et faire des tiges très longues (3 à 5 mètres en moyenne). Mais toutes ne le sont pas. Les courgettes ne sont, par exemple, pas coureuses et ne vont prendre « que » 1m² au minimum lors de leur culture alors que les potimarrons vont courir et grimper un peu partout dans le jardin !

Un plant de potimarron qui a poussé sur le compost et monte dans l'arbre

Un plant de potimarron qui a poussé sur le compost et monte dans l’arbre

C’est pourquoi cultiver à plat les courges nécessite souvent un grand potager et beaucoup de place. Si l’on veut tout de même en cultiver dans un petit jardin, il va obligatoirement falloir trouver des astuces ! Par exemple, on peut imaginer les cultiver au dessus du potager sur une structure portée : les racines de base seront bien en terre du potager mais elles pourront s’épanouir sur cette structure très simplement et très rapidement (il arrive qu’elles atteignent 10 centimètres de pousse par jour quand les conditions sont réunies). On peut aussi les cultiver au milieu de plein d’autres légumes au milieu desquels et sur lesquels elles se développeront ! Les courges prennent beaucoup de place mais ne sont pas envahissantes ni étouffantes pour d’autres cultures. Et, dans un cas problématique, un coup de sécateur et le tour sera joué.

Un plan de courgette, ça prend de la place !

Un plan de courgette, ça prend de la place !

Quelques précautions…

Les courges sont gourmandes en amendements équilibrés, naturels et complets. Il sera possible et même recommandé de mettre du compost bien mûr (accompagné d’un apport complet mélange d’urine diluée à 10% ou purin d’ortie et 500g de cendres pour 10 L d’eau de pluie) lors du repiquage, dans le trou de repiquage. Il est aussi conseillé de recouvrir l’espace où elles seront amenées à se développer par du compost bien mûr et tamisé. Les courges sont moyennement gourmandes en eau (un arrosage par semaine au printemps et, au maximum, 2 en été lors de temps chaud et sec) mais aiment les terres fraîches : un paillage sur la base des plants sera donc indispensable !

Les courges sont relativement sensibles aux maladies et aux ravageurs, plus ou moins selon les variétés. Il sera indispensable d’éviter de mouiller inutilement les feuilles lors des arrosages et de bien mouiller la terre et seulement la terre. Les courges ne devront pas être trop serrées car cela entretiendrait une atmosphère humide propice aux développement de champignons et maladies… Un purin de prêle envoyé sur les feuilles régulièrement pourra être utilisé en préventif…

De la prêle, riche en silice !

De la prêle, riche en silice !

Les récolter et se faire plaisir

Si elles se sèment et se plantent ou se repiquent à peu près toutes à la même date, elles ne se récoltent pas à la même date. Les courgettes, concombres, cornichons ou melons se récoltent verts et donc immatures, plus ou moins selon les cas. Il ne faut pas trop les laisser attendre avant des déguster car ils risquent de pourrir, leur « peau » n’est pas très épaisse… Mais rien de tel qu’une petite poêlée de courgettes à peine ramassées dans le jardin ! Ceux-ci se récoltent de juillet à septembre jusqu’à ce que les plants soient naturellement envahis d’oïdium, un champignon à l’aspect d’une poudre blanche sur les plants de courges en fin de vie (espérons pas avant !).

oïdium

Une feuille de courgette recouverte d’oïdium

Pour les autres (potimarrons, musquée, butternutt…), on parlera de courges de conservation, celles-ci doivent se ramasser lorsque le cotylédon (zone entre le fruit et la tige) s’assèche, que la courge a pris sa bonne couleur et que la plante s’assèche. La « peau » sera nettement plus épaisse et l’on pourra les conserver nettement plus longtemps (plusieurs mois dans un endroit sec et sans lumière). Donc pas avant octobre, novembre, cela dépendra des avancées de l’oïdium et de la météo… Ces courges-là se conservent très bien quelques mois et on pourra les consommer pendant l’automne et l’hiver ! Soupes, gratins… tout est possible !

courge butternutt

Une courge butternutt pas encore mûre

Récolter les graines

Pour l’année suivante, pour éviter d’acheter des graines non adaptées à votre climat local, il est recommandé de produire ses propres semences soi-même ! Pour cela, les légumes doivent être recueillis à maturité complète. Les courgettes et autres courges ramassées immatures doivent alors être laissées sur les portes-graines (pieds spécialisés dans la création de graines viables et de qualité) mais les graines des courges de conservation (ramassées matures) peuvent être mises de côté lors de la préparation des courges (musquées, potimarrons…) ; inutile donc de les faire attendre ! On veillera ensuite à bien les faire sécher à la lumière et elles pourront ensuite être stockées au frais, au sec et à l’abri pour l’année prochaine !

Des graines de potimarron Ushiki Kuri

Des graines de potimarron Ushiki Kuri

La question de l’hybridation

Un des « hic » des courges, c’est leur facilité à s’hybrider entre elles. Elles nécessitent peu d’entretien mais demandent un attention particulière lors de l’ouverture des fleurs. Les courges sont entomophiles (elles requièrent la présence d’insectes pollinisateurs comme les abeilles pour les multiplier) et possèdent des fleurs femelles et mâles sur les mêmes plans. Les courges d’une même variété peuvent s’hybrider entre elles si une abeille visite les fleurs mâles et femelles de courges de variétés différentes (dans le même potager ou chez un voisin). Mais cela ne peut se faire qu’entre les courges de la même variété (cucurbita maxima comprenant par exemple les potimarrons, cucurbita moschata comprenant les musquée, les butternutt, cucumis pepo avec les courgettes, patissons…, cucumis sativus avec les concombres et cornichons ou cucumis melo avec les melons). Par exemple, entre les courgettes, les risques d’hybridation sont importants ; les courgettes appartiennent à la variété cucumis pepo : elles peuvent donc s’hybrider facilement avec les autres courges de cucumis pepo (autres courgettes, Jack Be Little, pâtissons, courge spaghetti…). Autre exemple : l’hybridation peut se faire entre des courges musquée et des courges butternutt. Dans tous les cas, cette hybridation naturelle ne concerne pas la première année (ce problème ne concerne donc pas les personnes rachetant des semences tous les ans et ne faisant pas leurs graines) mais uniquement le patrimoine génétique contenu dans les graines donc pour les années suivantes.

Non seulement il est donc très risqué de cultiver des courges de différentes variétés et de vouloir en récupérer les graines dans un même jardin mais cela pose clairement problème dans le cas où un voisin à moins de 5 kilomètres le fait… Dans ce cas précis, on aura recours à l’hybridation manuelle, seule méthode chronophage mais efficace ! Lorsque qu’une fleur mâle s’ouvre, on ira en receuillir le polen (sur un petit batonnet par exemple) et le déposer dans la fleur femelle ; on prendra ensuite soin de fermer la fleur femelle avec une petite ficelle ou une pince à linge afin qu’elle ne soit à nouveau pas visitée par quelqu’un d’autre… Il faudra bien entendu veiller à ce qu’aucun insecte ne soit venu avant vous donc se lever aux aurores et repérer la veille les fleurs qui vont s’ouvrir dès les premières lueurs du soleil !

Cette méthode est efficace mais pas infaillible et demande de se lever tôt l’été ! Le risque est d’obtenir l’année suivante des croisements farfelus entre les courges… Avis aux lèves-tôt !

Pour en savoir plus sur les courges au potager, n’hésitez pas à vous procurer (d’occasion bien sûr !) Mes courges, melons, pâtissons – Des cucurbitacées à cultiver et à cuisiner – Editions Terre Vivante, 2014

Mes courges, melons, pâtissons...

Mes courges, melons, pâtissons…

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