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Bien comprendre simplement le fonctionnement du sol pour un jardinage efficace !

Bien comprendre simplement le fonctionnement du sol pour un jardinage efficace !

On l’a plus ou moins dit clairement, les notions scientifiques aident à la compréhension de notre environnement. En tentant d’en apprendre un maximum sur le fonctionnement de son sol et de sa terre de jardin, on arrive à répondre aux questions que l’on se pose soi-même lorsque l’on est au jardin. L’ouvrage Les clés d’un sol vivant de B. Leclerc aux éditions Terre Vivante aide à répondre à ces questions. Il ne s’agit pas de devenir expert en microbiologie des sols mais de gagner du temps et de l’efficacité ou d’améliorer le rendement de son jardinage…

Les clés d'un sol vivant

Les clés d’un sol vivant

Savoir reconnaître les qualités et défauts de son sol, savoir les corriger, savoir l’alimenter correctement, c’est tout l’objectif du tout dernier ouvrage Les clés d’un sol vivant de Blaise Leclerc des éditions Terre Vivante (ce même Blaise Leclerc, auteur avec Remy Bacher de l’excellent Une bonne terre pour un beau jardin). Cet opus, sensé aller un peu plus loin sur les connaissances de la terre, était très attendu…

Oui, on en apprend nettement plus sur la terre, l’humus…

Je n’ai pas lu tous les ouvrages de Terre Vivante, loin de là mais quelques uns tout de même et cette approche, plus scientifique et plus ambitieuse n’avait, semble-t-il pas ou peu été tentée… Un gros premier tiers de l’ouvrage est donc consacré à la constitution d’un sol naturel et fertile et à son fonctionnement intrinsèque (une intime interconnexion entre éléments minéraux, organiques et faune terrestre).

« De quoi est composé le sol ? » constitue la première sous-partie. On en apprend plus sur les agrégats, le complexe argilo-humique, la création de l’humus, les textures différentes, la matière organique, les argiles… Le survol est rapide, au pas de course mais le parcours est néanmoins passionnant !

Une vingtaine de pages sur les habitants de ce sol ! Indispensable même si rapide… On apprend à faire la différence entre les différents vers de terre (anéciques, épigés ou endogés) et à découper cette faune en groupes de taille : mégafaune (taupe, rongeurs…), macrofaune (vers de terre …), mésofaune (collemboles…) et microfaune (bactéries, champignons…) ! Oui, oui, oui, les bolets, cèpes ou girolles que l’on ramasse en septembre ne sont en fait que la partie immergées de l’iceberg !

Les plantes ont besoin d’une terre aérée, humide et riche : air, eau et nutriments. Comme l’homme finalement… Pour sa photosynthèse, les feuilles transforment le CO² (de l’air) en énergie (sucres) et O² grâce à l’eau (de la terre), les nutriments (dans la terre) et l’énergie lumineuse (du soleil). Elles sont donc une usine à créer leur propre nourriture. Mais la nature n’a pas besoin de ressources optimales pour se développer : le miracle de la nature veut que, même dans les terres les plus inhospitalières du monde, la végétation recouvre toujours tout…

Pour cela, une symbiose entre la faune et la flore est indispensable. Les vers de terre (mais d’autres également) aèrent la terre et creusant leur galeries. Ces galeries sont autant de points d’entrée et/ou de stockage de déchets divers, d’eau, d’air… Grâce à cela, les bactéries et champignons peuvent mener à bien leur travail de <>minéralisation de la matière organique, phase essentielle pour que les plantes puissent se nourrir… Dès lors, les plantes, aidés de champignons lors de la mycorhization (symbiose entre les racines fournissant le carbone et les filaments des champignons allant chercher loin les nutriments dont a besoin la plante) peuvent se développer et emprunter les galeries des vers de terre. La boucle est bouclée et le fonctionnement de la terre est un cercle vertueux ont les différents maillons ont tous plusieurs rôles à jouer à différents moments de la chaîne, fonctionnement fondamentalement permaculturel… Lorsque l’homme rompt cet équilibre, la nature a du mal à le rétablir mais met toujours en place ce qu’il faut pour le retrouver…

Comment alimenter correctement son sol ? Houste les produits chimiques !

La seconde partie de l’ouvrage se veut plus pratique et donner quelques conseils sur la façon d’aborder sa propre terre et comment tenter d’en tirer le meilleur. Chaque étape est essentielle et l’on se doit de commencer par une évaluation concrète de ses caractéristiques.

Les tests et l’observation sont à la base sur la réussite. Ceux-ci sont donc les premiers « travaux » à réaliser, Observation, test de la bêche, test de la stabilité structurale (si elle se tient bien ou se délite tout de suite), texture de la terre (argileuse, sablonneuse…), richesse de la terre, acidité ou alcalinité de la terre, visualisation des habitants du sol, de nombreuses informations permettent d’en savoir plus…

Le travail du sol est un domaine où de nombreuses économies peuvent être faites. Des économies pour le corps (moins se baisser avec des buttes par exemple) mais également sans achat de produits coûteux et dévastateurs… Faire travailler les habitants du sol en les alimentant correctement et en leur donnant de quoi travailler et en exploitant intelligemment les ressources de la nature permet d’en faire moins soi-même et de manière plus efficace. La permaculture mais également l’agro-écologie sont des systèmes fonctionnels qui donnent de bonnes pistes de travail sur lesquelles il faudra néanmoins adapter ses propres caractéristiques (sol, météo, région, altitude, objectifs personnels…). En réduisant le travail du sol et notamment en abandonnant le retournement du sol avec un soc ou une bêche, on évitera de déranger le fragile équilibre mis en place. Par exemple, une parcelle enherbée que l’on voudra utiliser pour faire un potager pourra être recouverte de cartons pour tuer les herbes (plus de lumière, plus de photosynthèse), éviter la repousse des adventices mais également nourrir les habitants du sol (les vers de terre raffolent du carton !) ou éviter le travail pénible, fastidieux et dommageable du « retournement » !

L’utilisation d’engrais verts, de fumiers, BRF, composts sans oublier les indispensables paillis (ou paillage) voire d’autres amendements naturels du sol doit se faire selon un principe d’équilibre pour éviter les excès ainsi que les carences. L’ouvrage ne peut apporter que des réponses généralistes non adaptées à une situation en particulier. On retrouve ces informations sur de nombreux supports du même éditeur ou d’autres mais un rafraîchissement et renouvellement des informations n’est jamais inutile ! Dans tous les cas, ces méthodes naturelles souvent héritées de la permaculture ou de l’agroécologie, permettent de nourrir le sol et non les plantes directement, contrairement à l’utilisation de méthodes conventionnelles et l’utilisation de produits et engrais chimiques et polluants. Nourrir la terre plutôt que les plantes directement signifie justement prendre en compte et alimenter toute cette faune essentielle pour des cultures saines, naturelles et profondément respectueuses de l’environnement et de nos propres sols. On insistera tout de même tout particulièrement sur l’importance d’une bonne couverture de sol, qui remplira plusieurs fonctions : limiter les pertes d’humidité, alimenter la faune du sol, créer une barrière « anti-excès solaires », limiter les adventices…

Les annexes de l’ouvrage regorgent d’informations importantes sur la chimie, sur les avantages apportées par une analyse complète de sol, sur les outils utiles pour travailler le sol (mais pas trop !), les engrais verts et leurs avantages, la composition des fumiers. On n’oubliera évidemment pas la bibliographie (ni le glossaire complet), qui permettra d’aller plus loin dans de nombreuses directions !

Peut-être aurait-on aimé en savoir plus mais…

Lorsque j’ai fait cet article, j’ai dû relire l’ouvrage une nouvelle fois. Et c’est là que l’on se rend compte que l’on a n’a pas forcément tout compris la première fois… C’est ouvrage est donc utile à lire plusieurs fois avant de passer à un ouvrage théorique peut-être plus complexe. En tout cas, il est certain qu’il fournit assez d’informations pour un jardinier amateur !

Le fait de « vouloir en savoir plus » n’est-il pas un gage de qualité de l’ouvrage ? Il a su lancer des pistes…

Personnellement j’ai eu beaucoup de plaisir à lire cet ouvrage et j’imagine (et espère !) que, si l’on s’intéresse un peu à ces méthodes alternatives, naturelles et profondément rationnelles, ce sera le cas pour d’autres aussi !

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