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Les réseaux de chaleur, chauffage collectif uniquement urbain ?

Les réseaux de chaleur, chauffage collectif uniquement urbain ?

On raille beaucoup d’utilisation individuelle des énergies fossiles et des systèmes de chauffage individuels, tant pour la production d’ECS que pour le chauffage des maisons. Pour autant, en ville ou dans les petites agglomérations, il existe depuis longtemps (notamment dans la région parisienne, 1 millions environ d’abonnés, ce qui fait beaucoup), un système collectif de chauffage qui a fait ses preuves et qui s’avère être une solution durable et logique : les réseaux de chaleur.

Comment en est-on arrivé là ?

Un réseau de chaleur n’est pas un équipement utilisant spécifiquement des énergies renouvelables. Ce n’est qu’un système collectif de chauffage, tant pour l’ECS que pour le chauffage des radiateurs. L’idée est de mutualiser ces questions de chauffage au sens large, notamment parce que c’est le budget le plus important des ménages français. Cette mutualisation a pour conséquence une baisse des coûts (lorsque l’on atteint environ un minimum de 1000 à 10000 abonnés par réseau) grâce à une mutualisation des ressources quelle qu’elles soient. La chaleur arrive alors au robinet (sous forme d’eau chaude sanitaire ou d’eau pour les radiateurs) des abonnés sans avoir besoin d’un système individuel !

Bien entendu, l’investissement initial est considérable et le coût d’entretien important. Pour autant, si la gestion financière de ce système est un tant soit peu rigoureuse, ce système devient profitable tous !

Dans les villes, ce système est d’une logique implacable. Les villes sont des agglomérations d’habitants, on leur propose donc une agglomération des ressources et non une individualisation, comme c’est trop couramment le cas aujourd’hui. Les chaudières collectives des grandes copropriétés, par lesquelles tout un chacun est passé au moins une fois dans sa vie, relève de ce même principe éminemment logique. L’actuel débat sur la transition énergétique imposera de faire installer des compteurs individuels (dépendant de cette chaudière collective) dans chaque logement, non pas pour pointer du doigt les gros consommateurs mais pour faire prendre conscience à tous de ses propres consommations personnelles. Mais cela n’enlève rien au principe .

Un réseau de chaleur

Un réseau de chaleur

Les énergies de fonctionnement de ces réseaux de chaleur

Il est indispensable de bien comprendre qu’un réseau de chaleur ne désigne que le fonctionnement collectif. Cela signifie donc que ce nom n’a rien à voir avec l’énergie qu’il utilise…

De manière générale, le réseau au chaleur pourra fonctionner avec tout. Ce n’est finalement qu’une grosse chaudière collective qui desservira plusieurs dizaines de milliers de personnes. Et une chaudière sera multi-facettes quant aux énergies utilisées !

  • Il peut fonctionner aux énergies fossiles : fioul ou gaz… Même dans ce cas-là, que nous ne recommanderons bien évidemment pas (pourquoi ne pas faire comme au Danemark et interdire l’utilisation de ces énergies polluantes et coûteuses pour l’installation de tout nouveau chauffage et encourager la modification des anciens?), il n’empêche que cette solution est plus écologique et économique que l’installation d’une chaudière individuelle. C’est un peu comme prendre un car relativement ancien pour se déplacer : certes, il consomme un peu trop mais nettement moins qu’une cinquantaine de voitures individuelles, aussi récentes et écologiques soient-elles…
  • Il peut fonctionner grâce à des énergies renouvelables : le bois (biomasse) ou la géothermie profonde sont clairement les plus utilisées. Mais on trouvera aussi des systèmes solaires ou d’autres types de biomasse. Prenons la géothermie pour exemple. L’installation d’une pompe à chaleur géothermique individuelle est relativement chère et l’on ne peut creuser à la même profondeur, ce qui a un impact sur la stabilité du système bien que la géothermie soit aujourd’hui largement recommandable, surtout dans certaines situations, de montagne par exemple (pourquoi pas d’ailleurs avec l’utilisation d’une centrale hydroélectrique, dans le cas d’une habitation isolée).
enterrement des conduite d'un réseau de chaleur

Un exemple d’enterrement des conduite d’un réseau de chaleur

  • Il peut également fonctionner grâce à de la chaleur industrielle (récupérant la chaleur d’une usine sidérurgique, comme dans le nord de la France par exemple) de diverses origines. On utilise souvent la chaleur des incinérateurs des déchets ménagers ou industriels pour cela. Cette utilisation est probablement la plus logique et la plus « durable » dans le principe. Il s’agit de récupérer un bien produit indirectement pour en faire quelque chose d’utile ! La réutilisation de la chaleur produite industriellement est aujourd’hui la raison d’être écologique du système « réseau de chaleur » ! On peut alors clairement dire que cette méthode est éconologique au sens propre ! Comme quoi même les villes peuvent être à la pointe de l’écologie !

Un système uniquement citadin ?

Il est certain que c’est sur ce système que les villes doivent compter ! Puisque ce système est complètement logique pour les systèmes collectifs dont les villes sont logiquement dotés !

Il ne va pas sans dire que, sans un engagement concret pour ce genre de développement, les solutions individuelles seront privilégiées. Ce qui n’est pas forcément un mal mais qui complique souvent la tâche et qui densifie, parfois inutilement, le tissu constructif local, surtout dans les villes où il est déjà largement embouteillé…

La réutilisation de la chaleur des systèmes industriels, pour ne parler que de ce système, est une voie on ne peut plus durable et très « transition énergétique » puisque justement il s’agit d’utiliser une ressources non créée directement pour cette fin !

Le principe d’existence même des réseaux de chaleur induit que ce système soit « réservés aux villes » mais c’est un système adaptable finalement partout à partir du moment où l’on peut disposer d’un groupe de population (pour ne pas multiplier les canalisations et hausser les coûts) ! Un système citadin donc mais à exporter selon les cas !

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