L'éconologie à la maison !

La tête à l'écologie sans se ruiner !

Que faut-il pour une maison passive ? Et puis d’abord, c’est quoi ? Le top de l’écologie ?

Que faut-il pour une maison passive ? Et puis d’abord, c’est quoi ? Le top de l’écologie ?

Aujourd’hui, une maison passive, c’est un idéal recherché par beaucoup de personnes ! Si l’on regarde uniquement le point de vue court-termiste et financier, une maison passive est un projet dont vous pourrez vous enorgueillir devant tout le monde ! Moi, le premier d’ailleurs ! Vous serrez alors très en avance sur votre temps en matière de performance énergétique et d’effort individuel écologique !

Le concept de maison passive

A première vue, une maison passive est une maison qui ne consomme presque pas de chauffage ! D’ailleurs, dans les maisons passives, on ne voit pas de radiateurs, tout au plus un poêle qui est là en cas d’extrême climatique… Les économies financières sont considérables (imaginez une maison qui ne vous coûte que 150 euros en énergie à l’année !) et c’est un geste fort pour la planète !

On peut voir un peu plus loin (moyen ou long terme) dans le cas où l’on a un peu la fibre écologique ou durable. Les maisons passives en France se comptent sur les doigts des 2 mains, les heureux propriétaires de ce type de maison sont probablement plus écologistes que cela en a l’air… Mais les projets fleurissent car on comprend vite les intérêts d’une telle démarche.

A titre individuel, une maison passive est un pas de géant vers l’idéal écologique de l’empreinte zéro (ne laisser aucune trace sur la planète et vivre complètement en osmose avec la nature), idéal de l’écologiste pur et dur, impossible à atteindre comme tous les idéaux et pas forcément si enviable que cela. Une maison passive est forcément plus qu’une recherche de gain financier, c’est la preuve de l’acquisition petit à petit d’une conscience écologique. C’est chercher à restreindre ses consommations énergétiques comme polluantes le plus possible de manière individuelle et c’est beaucoup, à une époque où les discours écologistes sont nombreux mais pas forcément suivis des faits, en France tout au moins. C’est vouloir plus que les gains financiers !

Cette démarche est plus courante dans d’autres pays (Allemagne ou pays scandinaves) mais cela ne sous-entend pas forcément que l’avance conceptuelle verte est si grande que cela. Il est indispensable de vivre avec son temps !

« Maison passive » est un label

Une maison peut devenir passive en rénovation, il est pour autant nettement plus facile de la construire « passive ». Ce label, globalement honorifique, atteste que votre maison de consomme pas plus de 15kWh.m²/an. Ce maximum est une limite au delà de laquelle il est impossible d’obtenir le label ! Alors que la moyenne française se situe actuellement autour de 180kWh.m²/an, il y a pas mal de chemin à faire ! En moyenne, on observe, dans une maison passive, une diminution de consommation de 90% de chauffage qu’une maison moyenne et 75% qu’une maison de type RT 2005. C’est énorme !

Les besoins en énergie primaire totale (électricité et électroménager compris) devront être de 120kWh.m²/an ! Ces chiffres très faibles donnent le tournis et attestent de l’effort à consentir et de l’ambition à avoir pour cela. Mais, à la clé, ne consommer que 100 à 200 euros / an (selon le mode de chauffage) pour le chauffage de la maison, ce n’est pas rien !

C’est pourquoi la construction doit être particulièrement rigoureuse et ne laisser aucune fuite, aucun pont thermique, aucune erreur ou imperfections pour arriver à cet ambition chiffre d’une consommation maximale pour le chauffage (ECS inclus) de 15kWh.m²/an !

Cela nécessite une réelle minutie !

Sur quoi est basée une maison passive ?

Certains concepts bioclimatiques

Le bioclimatisme, on en a parlé, est un concept permettant de faire cohabiter l’homme et son environnement. Logiquement, les maisons passives répondent à ce concept. Mais celui-ci est nettement plus large et concerne d’autres pans de la conception écologique de notre vie. Pour autant, les maisons passives ont énormément emprunté au bioclimatisme.

L’orientation est une des questions essentielles. De larges baies vitrées au sud, une casquette et des murs-trombe à forte inertie thermique permettront d’éviter les surchauffes en été. En hiver, le soleil plus rasant pénétrera la maison et la chauffera naturellement ! Au nord, on évitera les ouvertures alors qu’à l’est et à l’ouest, on les limitera seulement. Mais plus que cela, tous ces choix dépendent directement de l’environnement dans lequel on se trouve ! Le voisinage, la flore environnante, les arbres hauts à feuilles persistantes ou caduques, la vue, son dégagement sont autant de critères à prendre en compte !

De même, la compacité de la maison permettra de limiter les volumes à chauffer et logiquement de moins mettre à l’épreuve les rares moyens de chauffages de la maison ! Cela sous-entend une maison carré ou rectangulaire. Le nombre d’étage importe peu…

L’isolation thermique

La maison passive est basée sur une très bonne isolation thermique. Tellement bonne qu’elle doit être étanche à l’air et ne rien laissé passer, même pas le moindre souffle, la moindre fuite !

Un test d’étanchéité (ou infiltrométrie) devra être effectué à la fin des travaux de rénovation ou de la construction pour bénéficier du label, comme d’ailleurs les maisons nouvelles post – RT 2012… Ce test devra satisfaire à certaines limites drastiques (un maximum de déperditions de 0.6 vol/h selon la norme n50) !

infiltrometrie

Le test d’infiltrométrie doit être excellent pour une maison passive !

On fera appel pour la rénovation ou la construction à des matériaux de très bonne qualité ! La maison sera intégralement (sol, murs et toiture) recouverte d’une couverture isolante complète et performante. Cette isolation thermique par l’extérieur (on parlera de cette ITE en rénovation) est la condition sine qua non pour que l’air chaud à l’intérieur de parte pas de manière incontrôlée. Cette isolation devra être faite par l’extérieur uniquement non seulement pour éviter les ponts thermiques mais également pour que l’inertie des murs ou du sol (structure lourde de la maison) puisse permettre de rendre la chaleur vers l’intérieur et non chauffer les étoiles à l’extérieur.

L'isolation extérieure d'un mur en pierre privilégiée

Ecosources.info – La chaleur est gardée et le froid extérieur repoussé !

Comme on l’a déjà vu sur ce blog, la meilleure isolation, la plus performante, doit se faire par l’extérieur. Et cette question de l’inertie thermique est essentielle dans une maison passive. Une isolation seule ne pourra permettre d’atteindre les objectifs de la maison passive. En revanche, combinée à une bonne isolation, des murs porteurs lourds en brique ou en béton (ainsi qu’un poêle de masse, pourquoi pas?) amèneront l’inertie suffisante à un tel projet.

Si l’isolation thermique doit être particulièrement performante, il faudra prévoir des valeurs isolantes fortes. Le matériau isolant utilisé n’est pas vraiment en question. Tous les matériaux ont des lambda proches (polystyrène, laine minérale ou isolant d’origine naturelle comme le liège, le chanvre, la laine de bois ou la ouate de cellulose) mais des caractéristiques et des besoins de traitement différents.

liege

Le liège, un isolant naturel !

Même si les propriétaires de maisons passives sont souvent versés dans l’écologie et les matériaux naturels, l’utilisation de matériaux à forte énergie grise et bilan environnemental moyen à mauvais est possible. La résistance thermique à laquelle on voudra aboutir dépendra du projet, de la pièce concernée (mur, toiture, sol…), de la configuration de la maison… Mais il est certain qu’il faudra viser un R entre 8 à 10 pour la toiture, entre 6 et 9 pour les murs et de 4 à 5 pour le sol… L’épaisseur des isolants pourra d’ailleurs ne pas être la même selon les murs, leur orientation et leur environnement… Les maisons passives, imaginées par les habitants et des architectes, peuvent d’ailleurs être nettement plus souples à ce sujet que des maisons classiques ! En matière de vitrages, la question se pose aussi. Ceux-ci devront être évidemment complètement étanches, avoir un bon indice de transmission de la lumière et être capable d’apporter un véritable plus en matière de visibilité, d’entrée de la lumière et d’isolation thermique. On pensera à des fenêtres triple vitrage au nord, peut-être à l’est et à l’ouest des doubles vitrages IR (à Isolation Renforcée avec gaz argon) au sud.

isolation_fenetres

De mieux en mieux !

Une excellente isolation seule ne suffira pas !

Mais l’isolation thermique ne fait pas tout ! Le terme « passif » de « maison passive » est le même que dans « solaire passif ». Une maison passive se sert d’une source de chaleur passive gratuite, inépuisable et non polluante : le soleil ! Un CESI (ou CETI) devra être installé pour diminuer sensiblement les demandes électriques pour de chauffage de l’ECS (Eau Chaude Sanitaire), seule demande qu’il est difficile de diminuer. Mais la question de l’utilisation des ressources du soleil dans la maison passive ne concerne pas vraiment le solaire actif et l’utilisation d’équipements spécifiques (par exemple, la question de l’installation de panneaux solaires photovoltaïques peut être abordée mais ne concerne pas les principes de la maison passive, on parlera de maison à énergie positive, qui produit plus qu’elle ne consomme) mais plutôt la chaleur que le soleil fournit naturellement et de manière complètement passive !

Le ballon solaire dans son intégralité

Le ballon solaire du CESI dans son intégralité

Pour autant, cette chaleur apportée, il faudra tenter de la dompter et de la maîtriser ! C’est pourquoi, penser à de bonnes protections de la maison (casquette solaire, avancée du toit côté sud) et des murs à inertie qui stockeront la chaleur excédentaire sans oublier une bonne aération (notamment pour une véranda bioclimatique) pour la réguler pour éviter les surchauffes estivales est indispensable !

toit-casquette

Un toit casquette pour éviter les surchauffes l’été !

Orientation sud et compacité

L’un des basique du bioclimatisme, c’est l’orientation de celle-ci. Une maison a au minimum 4 murs, le plus exposé (celui qui devra amener le plus de lumière et de chaleur) sera nécessairement au sud ou un dérivé (sud-ouest ou sud-est), afin de maximiser les apports solaires. Au nord, il y aura peu ou pas d’ouverture car c’est là que le soleil tape le moins et que la chaleur s’accumulera le moins. A l’est et à l’ouest, cela dépendra plus de la situation locale. Mais ceci, c’est sans compacter l’exposition aux vents. Ceux-ci peuvent nettement rafraîchir une façade ou une orientation. Il est certain qu’il faudra connaître l’orientation des vents dominants ou en faire une étude pour mettre en place le meilleur projet possible !

La ventilation : maîtriser les apports et sorties d’air

On l’a dit, la maison passive doit être complètement étanche à l’air, ne rien laisser passer. Il ne s’agit pas d’une maison hermétique pour autant. Les polluants, l’humidité, les odeurs sont autant d’éléments nocifs dont il faut chercher à se libérer. Mais en maîtrisant leur disparition ! Une VMC (Ventilation Mécanique Contrôlée) sera votre allié mais on n’investira pas dans une VMC classique mais dans une VMC DF (Double-Flux). Cette VMC DF permet d’extraire l’air vicié de la maison mais aussi de prendre de l’air extérieur pour l’insuffler dans la maison. On optera pour un modèle avec échangeur de chaleur qui permettra à l’air extérieur d’échanger les calories déficitaires ou excédentaires avec l’air intérieur extrait. Un moyen écologique et simple de faire prendre à l’air froid extérieur les degrés qu’il lui manque pour être vivable et à l’air chaud extérieur (en été) de perdre une chaleur excessive inutile ! Pour maximiser l’efficacité de ce système, cette VMC DF pourra être (et ce sera conseillé mais pas obligatoire) couplée avec un puits canadien ou puits provençal. Le puits canadien apportera de l’air réchauffé par géothermie l’hiver et (surtout ?) de l’air rafraîchi par cette même géothermie (nos sols sont nettement plus stables, caloriquement parlant) l’été. Le puits canadien permettra donc de simplifier et de faciliter le travail de la VMC. On pensera à l’équiper d’un by-pass qui permettra de court-circuiter le système et de ne pas se servir du puits canadien en inter-saison lorsque le peu de différence de température fait tourner le système de ventilateurs à vide ou presque, pour éviter les consommations inutiles.

L’association d’un puits canadien et d’une ventilation DF

L’association d’un puits canadien et d’une ventilation DF

On accuse souvent les systèmes de ventilation intérieur de type VMC d’être bruyant. Cette VMC DF devra être correctement posée et insonorisée pour n’émettre pas plus de 25db en fonctionnement (une des obligations du label « passif »).

Des appareils (électro)ménagers performants

Pour faire la chasse aux dépenses énergétiques superflues, la maison devra être équipée d’appareils performants. Depuis quelques temps déjà, l’état a mis en place un étiquetage particulier lors de l’achat d’appareils électroménager (lave-vaisselle, frigo…). Une étiquette énergie informe le consommateur sur la consommation de l’appareil ainsi que différentes autres choses. Selon toute logique, les appareils d’une consommation autre que A ou plus seront proscrits évidemment… Un vieux congélateur peut consommer à lui seul autant que tous les appareils de la maison !

Une maison passive, un travail lent et minutieux !

Une maison passive est un challenge, un véritable travail d’orfèvre! Il faut penser à tout !

Chaque équipement doit être optimisé ; chaque installation doit minutieusement installé, l’étanchéité à l’air doit être parfaite, le chantier devra être continuellement surveillé, il est vrai qu’un tel chantier est compliqué à mettre en place ! C’est pourquoi il est difficile de généraliser le processus et de l’industrialiser. Même si d’autres pays sortent beaucoup plus souvent des maisons passives, le processus n’est pas exactement le même que pour des maisons classiques ! Lorsque les exigences sont aussi drastiques, le processus de construction ne peut pas être exactement le même, il a besoin d’être suivi et régulièrement contrôlé !

fourmi

Un véritable travail de fourmi

Se lancer dans une telle construction (a fortiori en auto-construction !) est de fait un défi majeur !

Des aides, des conseils et une lente maturation du projet sont presque des conditions sine qua non pour la réussite d’un tel projet. Un cabinet d’études indépendant devra au départ initier des études de terrains, de météo, de voisinage, un dossier complet préparatoire sans lequel il est plus que risqué de se lancer !

La maison passive, le top de l’écologie ?

Non, l’habitation individuelle n’est qu’une partie de l’écologie. L’écologie, comme le bioclimatisme, c’est une idée, un concept beaucoup plus large. Cela concerne une manière de vivre en général et le tri des déchets, le compostage, les gestion de l’eau, l’automobile, la consommation… plus particulièrement. Pour autant, une maison passive est un gros effort (que certains considéreront comme tel et que d’autres considéreront comme une manière normale de contribuer à l’avenir de notre planète) à titre individuel pour ce qui est de son habitation et de celle de sa famille. Il semble que la prochaine réglementation thermique vise plutôt à faire devenir la maison à énergie positive comme un standard (moins contraignante pour la performance énergétique et permettant de développer les ressources renouvelables pour tous !) mais la maison passive possède des qualités qui attireront plus d’un citoyen !

Même « salie » par les considérations financières et économiques, une maison passive reste un idéal de vie pour tout écologiste basique croyant en le développement de solutions individuelles pour vivre un peu plus en harmonie avec l’environnement ! Alors, vive la maison passive !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *