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Le test d’infiltrométrie ou étanchéité à l’air et à l’eau

Le test d’infiltrométrie ou étanchéité à l’air et à l’eau

La RT 2012 est exigeante ! Du moins, les constructeurs découvrent quelque chose de nouveau, des contraintes de plus en plus fortes qui les obligent à revoir leurs copies, à se poser des questions et à amender leur processus de construction… Ce n’est finalement pas plus mal !

Qu’est ce que l’infiltrométrie et ce test ?

En termes de qualité de la construction et de performance thermique et isolation, la RT 2012 marque (bien au delà de la RT 2005) un véritable tournant. Non seulement les matériaux et les techniques et technologie utilisées doivent avoir été officiellement validées, mais le RT 2012 impose (pour les constructions neuves seulement) un test complet d’efficacité du bâti après la fin des travaux et le certificat officiel d’achèvement des travaux, pour voir notamment si la maison a été correctement construite (notamment au niveau du frein-vapeur). Ce qui est très nouveau !

L’infiltrométrie est la capacité de l’air ou de l’eau à pénétrer dans la maison. Le test d’infiltrométrie doit être réalisé lorsque la maison peut être délivrée à ses acheteurs afin de définir clairement si la maison a été construite de façon à limiter les entrées d’air ou d’eau (mais dans ce cas-là, il s’agirait d’un problème nettement plus important). Les entrées d’air sur toute la maison doivent se limiter à 0,6 m3/h.m² (hors entrées d’air contrôlées comme une VMC par exemple, évidemment). Ce niveau très faible signifie en fait que la maison peut être considérée comme étanche à l’air ou à l’eau. Dans ce cas, si les entrées d’air non contrôlées sont très faibles, la maison ne peut se refroidir qu’à travers ses murs, sols et toitures, normalement couvertes par une bonne isolation !

Comment cela fonctionne ?

En fait, le principe est très simple. Il s’agit simplement de boucher les entrées d’air contrôlées, type VMC, donc de rendre la maison étanche. Une gros ventilateur est installé en lieu et place d’une porte d’entrée et met la maison en dépression ou surpression, selon les cas. Ensuite, le thermicien passe dans toutes les pièces pour évaluer les déperditions d’air, les trous. En bureau, ensuite, le calcul global est fait et le certificat est délivré ou non…

infiltrometrie

Le test d’infiltrométrie

Les limites d’un tel système

RT 2012

Accordé ou non ?

Premièrement, si le certificat RT 2012 n’est pas accordé pour une déperdition calorique trop importante, la loi ne dit pas clairement ce qu’il faut faire. Le futur habitant peut se retourner contre le constructeur mais les procès ont tendance à durer plusieurs années sans qu’il soit forcément possible de trouver un arrangement. Les cas n’étant pas très clairs, il est compliqué pour ces personnes de se retourner contre le constructeur et d’engager une procédure… La jurisprudence n’est pas encore fait loi et on cherche actuellement des solutions aux cas problématiques…

Deuxièmement, les fuites non contrôlées ne sont pas les seules pertes d’air des maisons. Il est possible de perdre beaucoup trop d’air chauffé par une VMC ou simplement par l’ouverture des fenêtres et des portes… De fait, le calcul et l’efficacité d’un tel système ne pourra être parfait ! De plus, les pertes d’air ,e sont probablement pas les seuls soucis d’une maison à viser (certes, le plus emblématiques des passoires). Garder la chaleur se fait également par une bonne inertie thermique, souvent trop absente des maisons récentes. Obliger les constructeurs à l’emploi de certains matériaux ou à l’utilisation de murs-trombe, concept pris au bioclimatisme, pourrait apporter beaucoup pour garder la chaleur d’une maison.

En avant vers les maisons passives ?

Ce test d’infiltrométrie marque tout de même une nouvelle ère (on ne peut pas le nier), celle de la fin des maisons « passoires » qui ne contrôlent pas leurs entrées d’air. Même si, pour la RT 2012, les exigences d’isolation ne sont pas énormes, elles le sont tout de même au niveau de la maison BBC de la RT 2005 et seront probablement bien plus accrues lors de la prochaine RT (2020 ?). La RT 2012 ne s’intéresse qu’aux constructions neuves mais on peut imaginer que les prochaines RT sur l’existant intégreront bientôt de tels outils !

La maison passive a évidemment besoin de réussir le test mais elle devra également (il n’existe pas pour l’instant de réglementation française sur la maison passive mais des référents étrangers, notamment allemand) utiliser des standards d’isolation thermique et d’inertie thermique bien différents… On dit que la RT 2020 exigera des maisons BEPOS (les fameuses maison à énergie positive), maison moins exigeantes quant à leur isolation thermique que les maisons passives mais qui produiront de l’électricité par des panneaux solaires photovoltaïques (PV), chaudières à micro-cogénération ou éolienne… On verra bien…

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